Les plantes communiquent-elles entre elles ?


Dans certaines forêts, des espacements entre les arbres peuvent être vus depuis la base de leurs troncs. Chaque arbre semble conserver une distance avec les autres, comme un périmètre de sécurité. Ce phénomène méconnu est appelé la « couronne de timidité ». Les arbres seraient-ils timides ? Mieux, communiquent-ils entre eux ? C’est la question que l’on peut se poser lorsque l’on voit ces images.

Le phénomène concerne une centaine d’espèces dans le monde. Toutes ont pour point commun de pousser en hauteur. En France, on peut observer une timidité chez les pins parasol du cap d’Antibes ou les chênes verts du midi. Dans les tropiques, c’est un peu plus fréquent. La timidité la plus impressionnante, la plus tranchée, avec des formes extrêmement nettes, est celle du camphrier.

La cause exacte de cette formation n’est pas encore révélée, mais les scientifiques évoquent plusieurs hypothèses : La pousse des branches cassant les bourgeons des autres arbres, empêcheraient peut être ainsi l’entremêlement. Ou peut-être que le vent, en faisant bouger la cime des arbres, crée cet espace par frottements. Une autre hypothèse possible est que garder cette distance de sécurité permet de ralentir la propagation de larves ou de parasites. Enfin, il est également probable que ces fentes de timidité soient maintenues afin de permettre une meilleure luminosité en forêt.

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Couronne de timidité de pins parasols dans le Gard

Ce qui est certain, c’est que les arbres savent s’ils ont un voisin. Lorsqu’ils n’en ont pas, ils ont tendance à s’agrandir indéfiniment.

Il existe également une « timidité souterraine » : les racines ne se touchent pas. Il y a des arbres très timides d’en haut mais pas d’en bas et vice versa.

Ce phénomène, encore inexpliqué, semble pourtant confirmer un fait : les plantes savent communiquer  !

Loin des clichés sur les plantes vertes et passives, la biologie végétale ne cesse d’observer depuis une quinzaine d’années des facultés surprenantes que l’on croyait réservées au monde animal : oui, les plantes parlent  !

D’abord avec leur environnement, comme avec les insectes pour favoriser leur pollinisation ou repousser des agresseurs. Ainsi le plant de tabac, face à une attaque de chenille, va émettre des substances pour attirer les guêpes dont les œufs vont tuer l’ennemi.

On dit également que les plantes « appellent la pluie » : certains arbres émettent des molécules chimiques, qui sous l’effet de la chaleur, montent vers le ciel et vont piéger la vapeur d’eau et former des nuages. Autrement dit, par ce mécanisme, les arbres sont capables de favoriser la constitution d’une réserve d’eau juste au-dessus de leurs cimes.

communication des arbres.JPG

Mais les végétaux parlent aussi entre eux. Dès 1983, les biologistes américains Schultz et Baldwin ont montré comment des arbres sains captaient des signaux d’alerte émis par des peupliers voisins. Depuis, les preuves se multiplient. Dans la savane africaine, Acacia Caffra modifie en quelques minutes la composition chimique de ses feuilles pour les rendre astringentes lorsque des antilopes les broutent. Mieux : l’arbre émet des molécules gazeuses pour alerter ses congénères, qui deviennent à leur tour indigestes…

Les plantes sont en fait si « bavardes » que, « pour étudier en labo l’effet d’un stress comme le vent, on doit les isoler les unes des autres », sourit Bruno Moulia, directeur de recherche à l’INRA*. Ultrasensibles, elles récoltent quantité d’informations sur leur environnement. Elles « voient », leurs capteurs de lumière détectant des longueurs d’onde dans le rouge et l’infrarouge. Elles « perçoivent » jusqu’à 3 mètres de distance une plante voisine et la distinguent d’un animal ou d’une pierre. Elles « touchent » via des capteurs mécaniques. Elles « entendent », ou du moins perçoivent des vibrations. Enfin, elles « sentent », grâce à un nez chimique sophistiqué…

  • INRA : Institut National de Recherche Agronome

Les Indiens d’Amérique disent que les arbres se parlent, il semble aujourd’hui que ce soit une réalité. Depuis 50 ans, les chercheurs se penchent sur ce phénomène : les plantes communiqueraient entre elles par voie chimique, par le biais d’ultrasons ou au moyen de molécules gazeuses et de champignons parasitaires.

J’ai par ailleurs souvent entendu dire qu’il fallait parler aux plantes pour qu’elles se développent bien : les plantes seraient-elles aussi capables de nous comprendre ??

communication des arbres dans Avatar.JPG
La communication des arbres dans le film Avatar de James Cameron

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Roomanies dit :

    Il y a sans aucun doute une lieson entre toutes ces espèces. Sinon aucune plante ne survivrait .. Très bon article encore une fois.
    Merci de ce partage.

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  2. photo2739 dit :

    La nature n’a pas encore fini de nous surprendre et de tout nous dévoiler !
    Article intéressant sur un sujet fascinant …

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