Pourquoi les oiseaux migrateurs volent en V ?


L’image d’oiseaux migrateurs qui volent en adoptant une formation en V est familière, mais pourquoi ces oiseaux se disposent-ils ainsi ?

Deux hypothèses principales ont été avancées par les scientifiques.

  • La première est que la formation en V est plus efficace du point de vue aérodynamique et permet aux oiseaux d’économiser de l’énergie, un peu comme les cyclistes d’un peloton qui se regroupent pour bénéficier de l’effet d’aspiration et réduire leurs efforts, ou comme les avions qui volent en formation pour consommer moins de carburant.
  • La deuxième hypothèse est que le meilleur navigateur de la troupe se place en tête et que les autres oiseaux le suivent.

La première hypothèse semble la plus réaliste, même si, contrairement aux avions dont le vol est stable et le poids suffisamment fort pour ne pas être sensible aux courants d’air, les oiseaux doivent à la fois synchroniser battement d’aile et trajectoire, pour ne pas se percuter. Car les battements d’aile créent des tourbillons oscillant de bas en haut à chaque battement, et provoquent des sillages très irréguliers et complexes. Une coordination très précise est donc nécessaire.

Une étude récente anglaise sur les ibis chauves a démontré que ces oiseaux sont capables de cette synchronisation dans leur vol : quand un ibis vole de côté, derrière un autre, il a tendance à caler ses battements d’aile en phase avec celui de devant. En revanche, quand deux oiseaux se suivent en ligne l’un derrière l’autre, leurs battements sont déphasés, l’un battant vers le bas quand l’autre bat vers le haut. «Cette stratégie de mise en phase des battements d’aile nous confirme que l’ibis s’adapte à la position de celui qui est devant, ce qui prouve que les oiseaux “sentent”, par une technique encore inconnue, quel est l’endroit de l’espace où les tourbillons leur sont les plus favorables », résume le chercheur anglais.

ibis chauve en vol.PNG

De même, l’oiseau se place à une distance adéquate de ses congénères afin de profiter du phénomène d’aspiration et ainsi faire moins d’effort. Lorsqu’ils volent en formation, le rythme cardiaque de ces oiseaux se calme brusquement.

Enfin, on a remarqué aussi que les ibis changent de position fréquemment dans la formation. Il y a ainsi une sorte de partage de l’effort qui permet à tout le groupe d’économiser de l’énergie.

Reste encore à découvrir comment l’oiseau peut savoir où est l’endroit optimal. Se sert-il de la vue, pour estimer la position relative de l’autre individu ? Les plumes de ses ailes lui donnent-elles les informations dont il a besoin, ou vole-t-il simplement d’un endroit à l’autre jusqu’à ce qu’il repère où il a le moins d’efforts à faire pour voler ?

oies cendrées en formation en V 2.PNG

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