La tribu Jarawa : un peuple en voie d’extinction


On parle toujours des animaux en voie d’extinction, mais rarement des hommes, alors qu’il existe encore des tribus primitives qui périssent à cause du développement économique et de notre « évolution ».

C’est le cas de la tribu Jarawa, un peuple de l’archipel des Andaman, dans l’océan Indien, qui a toujours vécu en autarcie et en harmonie avec la nature jusqu’à ce que son mode de vie soit bouleversé par l’arrivée massive de touristes au début des années 2000.

Jarawa signifie « les étrangers » ou « les autres » dans la langue des Andamanais. Les Jarawa sont des pygmées qui ont quitté l’Afrique il y a 70 000 ans avec les premières migrations humaines. Cela fait plus de 35 000 ans qu’ils sont établis sur les îles Andaman. Ils vivent en groupe de 40 à 50 personnes dans leurs maisons appelées des chaddhas, et sont en parfaite harmonie avec la nature. En autosuffisance alimentaire, ils se nourrissent essentiellement de fruits qu’ils collectent, de miel, de cochons sauvages, et de tortues, crabes ou poissons qu’ils pêchent dans les récifs coralliens. Ils ont une connaissance approfondie de plus de 150 plantes et de 350 espèces d’animaux.

Les Jarawas parlent une langue qui leur est propre. Leurs rites sont issus de rites primitifs. Un de leurs rituels consiste par exemple à prendre un bain chaque fois qu’ils ont consommé du miel.

La route qui traverse leur forêt, l’Andaman Trunk Road, destinée à l’origine aux transports locaux, est devenue le théâtre de safaris photos organisés pour les touristes avec la complicité de la police locale. Des rapports font état également d’exploitation sexuelle des femmes, de braconnage sur leurs terres, ou encore des ravages des maladies importées sur ce peuple qui, par son isolement du reste du monde, n’a aucune défense immunitaire contre les bactéries même les plus bénignes.

L’archipel des îles Andaman est en effet devenu l’eldorado de la classe moyenne indienne : chaque année, des milliers de touristes profitent des plages coralliennes de ce petit bout de terre paradisiaque à la nature encore préservée. C’est aussi un endroit stratégique, où le gouvernement a décidé de construire le plus grand port sur l’océan Indien.

Les Jarawa étaient plusieurs milliers lorsqu’ils ont commencé à sortir de leur forêt, en 1998. Selon les derniers calculs effectués par l’ONG Survival International, il n’en subsiste aujourd’hui plus que 320.

La dernière représentante de la tribu voisine des Bô s’est éteinte au début de cette année 2017, emportée par l’une de ces maladies arrivées avec les colons britanniques au XIXème siècle. Elle a emmené avec elle l’une des langues les plus anciennes de l’humanité.

Il est temps de réagir !!

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Oui en effet, on aurait beaucoup à apprendre de ces peuples là !

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  2. Merci pour ce bel article et ces belles photos. DIsparition d’autant plus écoeurante qu’ils ont un mode de vie en harmonie avec leur environnement que l’on devrait prendre pour exemple. Disparition des sages…

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