Comment apporter Internet à la moitié de la population du monde non couverte ?


La moitié de la population mondiale n’a pas accès à Internet, essentiellement dans les pays émergents. Les Nations Unies ont prévu d’arriver à 97% en 2020. Mais comment accroître la couverture dans ces zones à faible densité de population et à un coût abordable ? Les initiatives se multiplient, entre ballons captifs, drones stationnaires ou satellites. Petit tour d’horizon des initiatives en cours.

Les ballons stationnaires Helikite

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Ces ballons sont aujourd’hui commercialisés et utilisés par l’armée britannique. Il s’agit de ballons stationnaires attachés à un câble et qui, situés entre 60 et 1000 mètres du sol, constituent de véritables pylônes aériens. Rapidement déployables sur le terrain, ils ont souvent été utilisés dans un contexte de catastrophe naturelle ayant entrainé la destruction partielle ou totale des télécommunications terrestres.

Loon, les ballons connectés de Google

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En 2013, Alphabet, la maison-mère de Google, lance Loon, un projet de ballons solaires gonflés à l’hélium. Situés à une vingtaine de kilomètres au-dessus de la Terre, avec une autonomie d’environ trois mois, ces ballons servent de relais mobile de communication lors de catastrophes naturelles. En novembre 2017, après l’ouragan qui a dévasté Porto Rico, ils ont servi de couverture d’urgence permettant une connexion Internet pour 3,5 millions d’habitants. Le mécanisme est le suivant : les ballons sont dotés d’une double enveloppe avec, d’un côté, un volume d’hélium et, de l’autre, un volume d’air. Équipé d’un petit compresseur alimenté par des panneaux solaires, chaque ballon, en fonction de son volume d’air ou d’hélium, peut changer d’altitude. Par ailleurs, pour plus de précision,  Alphabet les lance en « flottes », ou en « constellations » pour davantage de résultats.

Aquila, le drone solaire autonome de Facebook

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Facebook a lancé son projet Aquila en 2015. Ses engins, des gigantesques planeurs d’une envergure comparable à celle d’un avion de ligne, pour seulement le tiers de la masse d’une voiture, sont lancés à 20 km de haut et reliés entre eux pour communiquer via un système laser. En novembre 2017, Facebook et Airbus ont annoncé un partenariat, visant à étendre le développement des drones à système de connectivité haut débit de haute altitude via le concept de HAP (High Altitude Platforms). Les drones Aquila auront pour mission de planer doucement à haute altitude le plus longtemps possible (Facebook vise 60 à 90 jours), afin de faire office d’antenne-relais pour fournir un accès internet aux zones qui en sont dépourvues.

Airbus fait souffler son Zéphyr

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Le Zéphyr est l’aboutissement d’un projet qui a débuté en 2003. Avec une zone d’actions plus restreinte que les satellites traditionnels, le Zéphyr d’Airbus est conçu pour transporter des charges utiles de quelques dizaines de kilogrammes pendant plusieurs mois, avec des batteries secondaires utilisées pour le maintenir sous tension même pendant la nuit. Il peut être piloté à distance par des opérateurs. Comme certains satellites, le Zéphyr pourra être utilisé pour des missions d’observation, sur une zone frontalière ou en mission de reconnaissance humanitaire. Il est équipé d’un système d’imagerie vidéo de pointe pouvant capter des images dans un périmètre de 400 km à la ronde.Il sert également à apporter la connectivité aux plus démunis, et à fournir aux passagers de vols longs courrier une connectivité ininterrompue.

Stratobus, le dirigeable de Thales

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Stratobus est un projet lancé en 2010 par Thales Alenia Space, et qui concerne un dirigeable de 50 000 m3 (33 m de diamètre et 100 m de longueur), placé à une altitude de 20 km et capable de se maintenir en position stationnaire face au vent grâce à sa motorisation électrique. Le Stratobus pourra ainsi remplir des missions comparables à celles d’un satellite de télécommunications ou d’observation de la Terre : surveillance des frontières ou de sites critiques sur terre comme sur mer (vidéo protection des plates-formes off-shore), sécurité militaire (lutte contre le terrorisme, les trafics de stupéfiant), mais aussi contrôle environnemental (feux de forêts, érosion des plages, pollutions …).

OneWeb : des satellites en orbite basse

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OneWeb, filiale du groupe Airbus, prévoit de lancer environ 650 satellites en Low Earth Orbit (LEO) à horizon 2020. Située à 1 000 km en moyenne de la terre, l’orbite basse est plus facile à atteindre qu’une orbite géostationnaire. Ces satellites, plus petits que des unités normales (entre 150 et 200 kg seulement contre 2 tonnes pour un satellite actuel) sont donc moins coûteux à lancer et délivrent par leur proximité un signal plus fort. Mais pour avoir 650 satellites sur orbite de façon permanente, il faudra lancer des satellites quasiment en continu, ceux-ci n’ayant que 5 ans de durée de vie moyenne. Ce qui va nécessiter des moyens financiers énormes. OneWeb devra aussi probablement compter avec la concurrence de la constellation de 4.000 satellites que veut lancer SpaceX. Reste encore à démontrer que ces constellations n’interfèrent pas avec les satellites déjà en service…

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