Grands mystères : l’effondrement de l’empire Maya


La civilisation Maya est l’une des plus puissantes et ingénieuses qui aient vécu sur Terre. Les Mayas ont construit des pyramides, mis au point un système d’écriture, étudié l’astronomie. Cependant, on sait encore bien peu de choses sur leur disparition… Les anciens Mayas ont-ils poussé trop loin l’exploitation de leur environnement, ou ont-ils été les victimes de crises climatiques contre lesquelles ils étaient impuissants ? Ou encore sont-ils décimés à cause de guerre ?

La civilisation Maya s’est épanouie dans l’isthme d’Amérique centrale, en région chaude de climat tropical. Elle s’étendait autrefois de l’actuel Yucatan (région sud-est du Mexique) au Honduras, en passant par le Guatemala et Belize. Les cités importantes étaient Tikal, Piedras Negras au Guatemala, ou Palenque et Chichén Itzá au Mexique.

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Empire Maya au temps de son apogée

On situe aujourd’hui le début de la civilisation Maya vers 2600 avant JC. Son apogée est atteinte vers le IIIème siècle après JC. La population globale Maya a été estimée à 20 millions d’individus, ce qui en fait l’une des plus grandes civilisations de cette époque.

Chaque ville est gouvernée par sa propre hiérarchie, régnant sur un territoire de taille variable et ayant souvent sa propre langue. On retrouve dans la société Maya, les trois ordres : noblesse, clergé et peuple. La noblesse et les prêtres vivent dans la cité, dans des grandes pyramides majestueuses qui sont également les centres religieux. Le peuple, fait de paysans, vit dans les environs. La base de l’économie est l’agriculture, autour du maïs, du coton et du cacao, lequel sert de monnaie.

La guerre est un fait constant dans l’empire. Les souverains sont continuellement en compétition pour des raisons économiques (contrôle d’une route commerciale ou exaction de tribut), religieuses (pourvoir les prêtres en victimes sacrificielles), ou de simple prestige (lutte entre aristocrates). Les conflits sont sanglants et morcèlent sans cesse les territoires.

Les Mayas sont polythéistes : ils adorent les dieux du soleil, de la lune, de la pluie et du maïs, pour ne citer que ceux-là. Leurs prêtres observent assidûment les astres. Le culte comprend des pratiques telles que l’utilisation d’encens et d’images, l’automutilation, la saignée rituelle et les sacrifices humains, notamment de prisonniers, d’esclaves et d’enfants. Les sciences de l’astronomie sont si développées, que les villes sont érigées selon la cartographie du ciel, et les bâtiment dans l’alignement du soleil. Depuis leurs observatoires astronomiques, tel celui de Chichen Itza, les Mayas suivent le cycle de Vénus. Ce sont eux qui mettent au point le calendrier solaire de 365 jours. Ils créent aussi un système mathématique original, en base 20 et inventant le zéro. En outre, ils conçoivent une écriture hiéroglyphique fondée sur des centaines de signes complexes, et parmi les plus avancées d’Amérique.

 

Les Mayas ont, durant plus de deux millénaires, développé une civilisation prestigieuse. Or, à l’aube du Xème siècle, ce peuple abandonne subitement ses villes, provoquant l’effondrement de sa civilisation. Quelles en sont les raisons ?

Selon de récentes études archéologiques et l’analyse des textes anciens, on pense que le déclin des Mayas est dû à un ensemble d’événements concomitants sur la période.

La première raison semble écologique. L’empire Maya, situé en milieu tropical, est malheureusement établi sur une zone aride, broussailleuse, aux terres pauvres. Son sol karstique est perméable à l’eau et ne la retient pas. La surexploitation des sols les a rendus stériles et la déforestation massive pour construire les palais des souverains a entraîné une érosion accélérée, recouvrant notamment les terres agricoles fertiles de matières non-fertiles, comme l’argile. Or la région connait plusieurs sécheresses à partir de 760. «C’étaient des épisodes brefs, de trois à huit ans au maximum, mais catastrophiques pour une telle société agricole», détaille Dominique Michelet, directeur de recherche au laboratoire Archéologie des Amériques (ArchAm) à Paris.

maya cité de Tikal
Représentation de la plus grande cité Maya, Tikal

A cause de la sécheresse, les stocks de nourriture s’épuisèrent, provoquant d’énormes difficultés d’approvisionnement d’une population grandissante dans les villes. Or les villes étaient déjà en grande rivalité, et rentrèrent dans des guerres violentes et très longues. On estime à 1/3 de la population décimée à cette période, à cause des conflits. Les cités se vidèrent de leurs habitants, le peuple allant se mettre à l’abri dans les campagnes, pour survivre. Inexorablement, l’empire déclina.

Une autre phénomène est peut-être également intervenu, d’ordre religieux cette fois. Car on s’est aperçu que les villes avaient été brutalement abandonnées, laissant penser que les activités quotidiennes auraient été délaissées en quelques jours (constructions encore en chantier). Dans la religion Maya, le cycle de l’Humanité était le quatrième cycle de l’Univers, et devait selon les observations astronomiques, s’achever au Xème siècle. Les prêtres ayant prédit l’approche imminente de l’apocalypse, le peuple fervent aurait soudain été pris de panique et se serait enfui…

Effondrement ou pas, il est faux en tout cas de dire que les Mayas ont complètement disparu. Retournés dans les forêts, organisés en petites communautés, les Mayas se sont simplement transformés, changeant de style de vie. Mais aujourd’hui, coutumes, croyances et langues mayas sont toujours d’actualité pour les quelque 8 millions de Mayas vivant en Amérique Centrale.

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