L’hypnose médicale, une pratique révolutionnaire


Hier au CHU de Lille, a eu lieu une opération du cœur sous hypnose : Gérard Courtois, 88 ans, a subi le changement de sa valve aortique sans aucune anesthésie ni autre forme de sédation.

Avant l’opération, une infirmière formée à l’hypnothérapie a donc hypnotisé Gérard. Elle s’était renseignée la veille sur ses passions. Pendant l’heure qu’a duré l’opération, elle a l’accompagné en lui parlant, avec les techniques classiques de l’hypnose : ton de la voix calme, se calant sur sa respiration, laissant cours à l’imagination, pour qu’il puisse « s’évader dans d’autres sphères que la sphère médicale ». Ainsi Achille lui a parlé de ses voyages en Thaïlande, en Égypte et en Tunisie, ou encore de jardinage. L’équipe médicale a pratiqué l’opération normalement, en chuchotant juste dans le bloc pour ne pas gêner le lien entre l’infirmière et le patient. Au cas où l’hypnose n’aurait pas fait effet, les équipes du CHU étaient prêtes à injecter à tout moment les produits anesthésiques habituels.

hypnose Gérard Courtois Radio France
Gérard Courtois, 48 heures après son opération. © Radio France – Stéphane Barbereau

C’est la première fois qu’une intervention cardiaque est pratiquée de cette sorte dans la région. Cette performance médicale est d’autant plus remarquable que ce genre d’opération délicate nécessite d’habitude une anesthésie générale lourde, sous perfusion de morphine ou d’anxiolytiques.

L’hypnose ne sert pas uniquement pour les opérations délicates. Depuis quelques années, elle se développe dans plusieurs branches de la médecine, comme la prise en charge de la douleur, la lutte contre des addictions comme le tabagisme, et plus récemment la gériatrie et les soins palliatifs. Ses avantages sont d’alléger considérablement la survenue des complications opératoires, et post-opératoires. Elle améliore également la récupération et la gestion du stress et permet de vivre ses soins de manière plus sereine.

A Paris, plusieurs hôpitaux ont peu à peu intégré la technique qui se perfectionne de jour en jour. Au CHU de Bordeaux, 32 personnels soignants ont été formés à sa pratique. Au Kremlin-Bicêtre, les chirurgiens qui opèrent le cerveau sont parfois assistés par des infirmiers hypnothérapeutes. Les méthodes sont toujours les mêmes : ils étudient au préalable le dossier du patient, leur posent des questions pendant l’opération sur ce qu’ils ont appris d’eux ou même les font chanter, afin de s’assurer que le chirurgien n’est pas en train de toucher une zone sensible du cerveau.

Une nouvelle opération de ce type sera réalisée la semaine prochaine, au CHU de Lille, qui compte déjà former quatre nouvelles infirmières à l’hypnothérapie. En France, 80% des personnes peuvent être sensibles à l’hypnose. De quoi laisser le champ libre à ces nouvelles techniques révolutionnaires médicales…

HYPNOse 3
Opération réalisée sous hypnose

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