Le saviez-vous ? Une brève histoire de la photographie


1839 : c’est la date de la naissance officielle de la photographie. À cette époque, cela fait plus de 20 ans qu’un certain Nicéphore Niépce s’acharne à créer des images en capturant la lumière dans une boîte noire. Il met au point une technique d’impression : l’héliographie (ce qui signifie «écriture par la lumière»). L’image d’un point de vue est enregistrée grâce à une chambre noire à l’intérieur de laquelle se trouve une plaque d’étain recouverte de bitume de Judée. Cette substance à la particularité de durcir après une exposition à la lumière. L’image est révélée après un temps de pose de plusieurs heures, voire de plusieurs jours.

Mais sa mort l’empêchera de voir le couronnement de ses efforts, laissant la gloire à son associé, Louis-Jacques-Mandé Daguerre, qui finalisera seul un procédé qui permet de fixer l’image sur une plaque métallique de cuivre (le daguerréotype). Il rencontre ensuite le député François Arago qui fait acquérir par l’État le brevet de son invention. Et le 19 août 1839, Arago et Daguerre offrent au monde le droit d’utiliser gracieusement ce procédé. Le daguerréotype rencontre un succès considérable auprès de la bourgeoisie de l’époque, au point de devenir un véritable phénomène de société. Pourtant le daguerréotype a ses limites : l’image obtenue est unique, fragile et surtout, on ne peut la reproduire…

photographie Louis Daguère
Louis Daguerre

À la même période, le britannique William Henry Fox Talbot explore une autre voie que le daguerréotype. Le support n’est plus le métal mais le papier. Fin 1840, Talbot dévoile un nouveau procédé, le calotype : à partir d’une seule image négative on peut obtenir une infinité d’images positives par simple tirage contact. Il vient d’inventer le négatif. N’ayant pas les mêmes soutiens que Daguerre, Talbot abandonne ses recherches, mais sa découverte établit le principe de la photographie pour les décennies futures et remplace progressivement le daguerréotype.

En 1851, la Commission des Monuments Historiques missionne cinq photographes afin de réaliser un inventaire photographique du patrimoine français qui nécessite d’être restauré. C’est la Mission héliographique, qui mobilise Hippolyte Bayard, Gustave le Gray, Auguste Mestral, Edouard Baldus, et Henri Le Secq. Ces cinq artistes sont considérés comme les premiers grands noms de la photographie.

Toujours en 1851, l’anglais Frederick Scott Archer présente une évolution du procédé négatif : le collodion humide qui réunit l’exactitude du daguerréotype et la reproductibilité du calotype. Il devient le procédé photographique majoritaire jusqu’en 1880.

Les techniques ne cessent ensuite d’évoluer : on met au point en 1897 la photo-carte, l’ancêtre du photomaton : plusieurs clichés étaient réalisés sur une même plaque et découpés ensuite. Les modèles repartaient donc avec plusieurs tirages, qu’ils distribuaient comme des cartes de visite. En 1894, le français Étienne-Jules Marey réalise de nombreux clichés de corps en mouvement, grâce à la chronophotographie, l’ancêtre du cinéma. Il photographie la chute d’un chat, à raison de 60 images par seconde, pour les assembler ensuite dans la première video de l’histoire !

À mesure que la technique se perfectionne, les styles s’affirment. Chargés de leur lourd matériel, des photographes prennent la route, tandis que les salons photographiques ouvrent dans les grandes villes. En 1903, le photographe américain Alfred Stieglitz crée la revue Camera Work, qui sera éditée jusqu’en 1917.

Les dernières années du XIXe siècle vont apporter leur lot d’innovations techniques : la pellicule souple remplace progressivement les plaques de verre et les négatifs papiers. Les premiers appareils photos réservés aux amateurs sont mis sur le marché par un certain monsieur Kodak… La photographie s’extrait de la simple fixation de la réalité, pour l’interpréter. Peu à peu, la composition et la mise en scène s’invitent.

Le champ des possibles s’élargit donc considérablement, et les photographes inventent leur propre langage. La technique leur fournit des moyens qui orientent la photo dans des voies esthétiques proches de l’art. Elle deviendra au XXème siècle un instrument de témoignage exceptionnel et l’un des médias les plus utilisés au monde.

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