Et si on arrêtait de boire à la paille ?


On parle d’un chiffre faramineux : 1 milliard de pailles sont jetées quotidiennement à la mer et dans la nature. La paille fait partie des 5 déchets les plus collectés en bord de mer, et les plus pollueurs. Et il faut 450 ans pour qu’elle se désagrège…

L’invention de la paille est très ancienne : 3000 avant J.C. environ, on la retrouve dans la recette du sikaru, la bière des Sumériens. Celle-ci étant pleine de grains de céréales, seule l’utilisation d’une paille (à l’époque en bois) la rendait buvable. En janvier 1888, Marvin Stone dépose le premier brevet pour une paille à boire. Cet industriel américain, qui fabriquait déjà des supports pour cigarettes, avait commencé par concevoir un prototype très simple : une feuille de papier enroulée sur elle-même. Par la suite, il utilisa du papier manille et de la paraffine pour éviter que le papier ne détrempe dans le liquide.

Il faut attendre 1930 aux États-Unis pour que la paille, placée près des fontaines distributrices de boissons, devienne un objet de consommation courante. Et à partir de 2003, après l’épidémie de Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) apparue en chine avant de toucher l’Europe, le nombre de pailles utilisées chaque jour explose, considérées comme un barrage contre les microbes. Aujourd’hui, la consommation des pailles dépasse tout entendement :

  • l’Europe produit environ 36 milliards de pailles en plastique par an
  • les fast-food français en jettent 8,8 millions par jour
  • un bar qui tourne bien consomme mille pailles par jour
  • on en utilise quotidiennement 23 millions au Royaume Uni, et 500 millions aux États-Unis !

Les pailles sont un véritable fléau pour les océans et leur faune. La substance qui les compose, le polypropylène, est dérivée du pétrole. En plus d’émettre énormément de gaz à effet de serre lors de sa fabrication, elles sont aussi pleines d’agents chimiques dont certains sont des perturbateurs endocriniens comme le BPA. Très légères, elles aboutissent rarement à la poubelle de recyclage et s’envolent où le vent les emportent. Une fois dans l’océan, elles se coincent dans les coraux et dans les estomacs des animaux marins et des oiseaux, ou finissent par s’échouer sur les rivages ou dans le «7ème continent», ces gigantesques îlots de plastique formés par les courants marins.

Déjà 30% de poissons dans le pacifique nord auraient ingéré du plastique, dont des pailles, durant leur cycle de vie. Et plus globalement, on sait qu’en 2050, il y aura plus de plastique dans les océans que de poissons…

paille tortur
Sauvetage d’une tortue au Costa Rica par l’extraction d’une paille coincée dans sa narine – 2015

Le 3 février dernier, 30 pays ont signé une Convention pour sensibiliser les citoyens à la pollution engendrée par les pailles en plastique. Dès 2019, certains États comme l’Écosse et le Royaume Uni vont interdire les objets en plastique à usage unique. La France pour le moment a seulement interdit les sacs, assiettes, gobelets ainsi que couverts en plastique à partir de 2020, mais pas encore les pailles.

De nombreuses entreprises sont sensibilisées également : McDonald’s a annoncé le 14 juin dernier la mise en place d’alternatives pour en finir avec les pailles dans ses restaurants français. De la même manière, Starbucks a pris la décision que ses magasins ne fourniraient plus de pailles en plastique d’ici 2020. La ville de Paris aussi, pour tous ses évènements municipaux.

En bambou, en papier, en verre, en intox, ou à l’aide de pâtes alimentaires (les fameuses «pasta-straw» aux USA), les alternatives ne manquent pas. Mais pour cela, il faut lutter contre les lobbyistes du plastique, ce qui n’est pas facile et demande du courage de la part des gouvernements.

A notre niveau aussi, il est temps d’agir : réduisez votre consommation de plastique à usage unique, et refusez les pailles ! Car franchement, dans la vie de tous les jours, on n’en a pas besoin… Et si vous voulez vous engager plus loin :

  • Signez la pétition lancée par Bas les Pailles, une association française qui se bat contre l’utilisation de pailles en plastique et qui mise tout sur le changement des comportements
  • Inscrivez-vous au challenge #StopSucking de l’association américaine LonelyWhale et à leur programme Strawless Ocean
  • Contribuez à la campagne anti-paille Straws Suck lancée par la Surfrider Fondation

pailles association BasLesPailles.JPG

 

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