Pourquoi l’espérance de vie progresse moins vite en France qu’avant ?


Selon l’OCDE, la France demeure l’un des pays d’Europe ou l’espérance de vie est la plus longue. Mais c’est aussi l’un des pays où elle progresse le moins, à l’instar de l’Espagne, de la Grèce, ou du Portugal. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène.

Actuellement de 82 ans et 8 mois (85 ans pour les femmes et 79 pour les hommes), l’espérance de vie française reflète un mode de vie relativement sain ainsi que l’excellence de notre système de santé. Mais après deux décennies de hausse continuelle, soit deux ans et demi gagnés tous les 10 ans, plusieurs pays de l’Ouest européen dont la France, voient cette courbe reculer.

L’écart entre les sexes se réduit également. L’espérance de vie des hommes s’est en effet remise à progresser depuis 2016 après un recul en 2015, alors qu’elle est en très légère baisse pour les femmes, qui ne retrouvent pas le niveau atteint en 2014 et 2016 (85,4 ans). La combinaison des deux moyennes nous amène aujourd’hui à un plafonnement.

espérance de vie 1

Ce recul serait dû à une combinaison de facteurs :

D’abord des facteurs médicaux, et plus particulièrement les épidémies de grippe prononcées qui ont frappé les populations françaises sur les deux dernières années, ainsi que la canicule, les infarctus, cancers et accidents vasculaires cérébraux, qui sont de plus en plus courants et déciment les populations les plus fragiles.

Les maladies cardio-vasculaires restent en effet la cause numéro un des décès en France (40 % de la mortalité féminine et 34 % de la mortalité masculine), suivies par le cancer (22 % de la mortalité chez les femmes est 29 % chez les hommes). Et alors que les femmes étaient moins touchées jusqu’alors par certaines maladies comme le cancer du poumon, leur adoption des comportements à risque masculin comme le tabagisme et l’alcool, ainsi que leurs durées de travail similaires, les ramènent peu à peu aux chiffres de la population masculine.

Malgré la lutte contre le tabagisme et l’amélioration globale des prises en charge médicales, l’inflexion générale devrait perdurer, avec l’augmentation des facteurs de risque comme  l’obésité, le stress et le manque d’activité physique.

La seconde raison est un facteur plus structurel : l’espérance de vie reste un indicateur de l’évolution globale d’une société, en particulier de son niveau de vie. L’Organisation Mondiale de la Santé a démontré de longue date que son évolution dépend aussi de la distribution des richesses. Selon une étude de l’INSEE de février 2018, les hommes riches vivraient en moyenne 84 ans, contre 71 ans pour les plus pauvres, soit 13 ans de différence. Ainsi, en dehors des pays en guerre, ceux connaissant une grave crise sociale ont vu transitoirement leur espérance de vie reculer, à l’instar de la France qui  vit une crise sociale depuis une dizaine d’années.

Il faut cependant relativiser : Au Moyen-Age, l’espérance de vie était de 14 ans et en 1750 de 25 ans ! La France n’est pas non plus dans la situation des États-Unis, qui voient leur espérance de vie diminuer depuis 2017, en raison d’une épidémie d’overdose de drogue et de médicaments…

Mais l’espoir reste : un pays comme le Japon continue de voir son espérance de vie augmenter. Les progrès de la longévité tiendront à l’avenir à une stabilité économique et à la capacité de la science à réparer les organes grâce aux progrès des nano-technologies et de la médecine génique. Certains optimistes nous prédisent 110 ans à l’horizon 2060. J’aime bien cette idée…

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