Les effets néfastes des écrans sur notre cerveau


On sait aujourd’hui que les écrans ont des effets néfastes sur la santé et sur le développement des enfants : retard de langage, troubles de motricité, troubles de la personnalité.

Les effets dévastateurs de la télévision sur l’architecture cérébrale avaient déjà été mis en évidence en 1997, par deux pédopsychiatres américains, Frederick Zimmerman et Dimitri Christakis, qui avaient établi à l’époque qu’une consommation excessive d’écrans altérait la formation des synapses et perturbait les apprentissages dans les 3.000 familles qu’ils avaient placées sous surveillance.

Depuis, l’exposition aux radiations numériques s’est encore amplifiée. Une étude Nielsen chiffre à 11 heures par jour le temps passé par les Américains devant les médias électroniques : smartphones, ordinateurs, consoles de jeux, affichage interactifs et autres télés… De quoi faire froid dans le dos !

Depuis cinq ans, les études sur l’impact des pratiques numériques sur le cerveau sont en effet de plus en plus précises. La plus spectaculaire a été réalisée par l’Académie des sciences de Wuhan (Chine) auprès de quinze adolescents présentant une addiction à internet et dont le cerveau a été passé au scanner. Cette étude révèle l’atrophie de certaines zones du cerveau chez les usagers compulsifs, comme le cortex préfrontal, qui régule les émotions et la capacité à patienter, à résister à une stimulation et à ne pas agir de façon impulsive.

Une autre étude, parue en 2012 aux Etats-Unis, confirme que l’addiction aux écrans mène à une réduction de la substance blanche du cerveau, c’est-à-dire des tissus qui permettent l’interaction des différentes zones cérébrales. La difficulté à discerner le réel du virtuel, ainsi que d’importants symptômes d’anxiété, de dépression, et des cas d’automutilation revenaient également dans l’étude. Ces défauts de connexion causés par la « drogue numérique » pouvent, dans les cas extrêmes, causer des symptômes évoquant l’autisme ou les troubles bipolaires. Certains travaux mettent aussi en évidence que les écrans saturent la mémoire dite « de travail », qui stocke les informations nécessaires aux activités en cours, et font baisser nos performances intellectuelles en augmentant le temps de réalisation des différentes tâches.

Globalement, un nombre croissant de travaux montrent un recul généralisé du QI moyen dans le monde occidental (selon la fameuse courbe de Flynn). C’est d’autant plus dommage que ce QI s’améliorait de manière continuelle depuis un siècle, de 3 à 7 points par rapport au QI de nos aînés, sous l’effet des progrès des conditions sanitaires et sociales tout au long du XXe siècle.

Dans les pays les plus précocement convertis à Internet – Norvège, Danemark et Grande Bretagne -, un fort recul a été constaté. En Angleterre, le QI a reculé de 14 points depuis 15 ans. En France,  nous aurions perdu en moyenne 3,8 points de QI entre 1999 et 2009, soit seulement une décennie…

Quelques chiffres pour montrer l’ampleur du phénomène :
  • 6,5 écrans : c’est le nombre moyen d’écrans présents dans chaque foyer français. 8 foyers sur 10 possèdent en plus un ordinateur et 2 sur 10 en possèdent plusieurs.
  • 6 h 15 : C’est le temps moyen que passe un être humain chaque jour devant un écran. Le temps maximal préconisé par les spécialistes est de « deux heures d’activités spécialisées par jour », en plus du travail…
  • 63 % des 12-24 ans ne peuvent pas « se passer 3 jours d’Internet sans que ça leur manque ». Cette proportion a beaucoup augmenté depuis 2011. 14% des internautes de 12 ans et plus se sentent en manque au bout de quelques heures.
  • Une personne déverrouille son téléphone en moyenne 110 fois par jour.
  • Aux États-Unis, un quart des adolescents (et un cinquième en Chine) sont dépendants à la toile ou aux jeux vidéo, à tel point qu’il existe des centres de désintoxication dédiés.
  • Les études les plus optimistes signalent qu’entre 6 et 8% des internautes français sont dépendants, les plus pessimistes donnent une fourchette de 12 à 15 %. Si ces derniers chiffres sont exacts, la cyberdépendance est en passe de devenir l’addiction la plus répandue en France, contre 4 % pour la toxicomanie et 10 % pour l’alcoolisme.
  • Le monde compte plus de détenteurs de téléphones mobiles (5,1 milliards d’individus) que de personnes ayant une brosse à dent (4,2 milliards)…

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