La Pyramide du Louvre


Aujourd’hui, la Pyramide du Louvre fête ses 30 ans. L’occasion de revenir sur la prouesse technologique de la construction de ce monument, devenu indissociable du rayonnement de la Ville Lumière…

La Pyramide du Louvre est située au centre de la cour Napoléon du Louvre, et est le symbole des campagnes de l’Empereur en Égypte. Elle est en fait composée d’un ensemble de 5 pyramides : de part et d’autre de l’élément central, la Grande Pyramide, se trouvent trois répliques plus petites, et une cinquième pyramide « inversée », construite à l’envers et à l’intérieur du Carrousel du Louvre. Cet ensemble abrite le hall d’accueil du musée, la billetterie, les boutiques, quelques restaurants, et un centre commercial.

La pyramide externe est entourée de sept bassins triangulaires en granit, qui permettent au ciel de se refléter. Ces sept bassins sont symboliques des sept cieux et des sept planètes de l’astrologie traditionnelle. L’ensemble s’intègre dans l’axe de l’Arc de Triomphe, de l’obélisque, et de l’Arche de la Défense, autre réalisation majeure de l’époque.

Pyramide Louvre vue du ciel

Prouesse technique en matière de réalisation, la grande pyramide s’élève à 21,64 mètres au dessus du sol sur une base de 1000 m2, et est basée sur les proportions de la pyramide égyptienne de Khéops. Elle possède 603 losanges et 70 triangles de verre feuilleté de 21 mm d’épaisseur, et se constitue de 95 tonnes d’acier et de 105 tonnes de châssis en aluminium. La pyramide inversée est quant à elle plus petite, avec 16 mètres de côté par 7 mètres de hauteur.

Ces pyramides ont été dessinées par l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei en 1983, sous l’impulsion du Président de la République François Mitterrand dans le cadre du projet «Grand Louvre». Ce projet visait à agrandir le musée en reprenant l’aile gauche du Palais occupé par le Ministère des Finances (qui a déménagé à Bercy depuis). L’idée était de pouvoir présenter au public davantage d’œuvres, et de fluidifier la réception des visiteurs et l’agencement de l’intérieur du musée. Pour vous donner un ordre d’idée : 400 000 objets sont présents dans les réserves du Louvre en 1989, alors que 35 000 seulement y sont exposés.

Leoh ming Pei
Ieoh Ming Pe

Le projet de la pyramide du Louvre a suscité lors de sa construction les critiques les plus folles et les polémiques les plus vives. Il n’y eut déjà aucun appel d’offre ni concours, décision rendue possible par un artifice juridique assimilant le chantier à une rénovation. De nombreuses associations de défense du patrimoine s’insurgèrent de plus contre le coté moderne du monument face à l’écrin historique du Louvre. Le coût de l’ouvrage (2 milliards de francs) fit également scandale. Et l‘enjeu de sa construction aussi.

Car la réalisation n’était pas simple.

Il fallait avant tout produire un verre qui soit à la fois léger, très résistant et sans couleur pour refléter les pierres du musée autour. Ce verre d’exception, appelé « verre Diamant« , est créé après de multiples essais par la manufacture Saint-Gobain. À l’origine, Saint-Gobain avait dû s’engager à réaliser l’équivalent de deux pyramides, pour avoir des verres de réserve. « Il y avait une garantie décennale, au cas où il aurait fallu remplacer des pièces, en cas de cassure ou de graffiti… Finalement, il n’y a eu aucune réparation. Aucun verre n’a été changé », précise Philippe Heringuez, 62 ans, alors jeune ingénieur sur le projet à l’époque.

Ce verre a d’ailleurs connu depuis un grand succès, puisqu’il a été utilisé ensuite pour la BNF, et plus récemment pour le nouveau Palais de Justice de Paris.

Pyramide Louvre Mitterand et le verre Diamant
François Mitterrand en 1985, avec le fameux « verre Diamant »

Seconde prouesse : rendre transparente et la plus fine possible l’armature en acier, malgré le poids de l’édifice. Pendant 4 ans, personnel de chantier et architectes bataillent pour aplanir au maximum la surface de la verrière, montant et déformant les haubans métalliques qui cimentent le tout. L’armature, quasiment invisible de l’extérieur, ne mesure au final qu’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur et assure pourtant la cohésion des 95 tonnes.

Troisième enjeu : prévoir en amont la maintenance de l’ensemble architectural. Car réparer et nettoyer la Pyramide de Pei est un vrai un casse-tête. Au début, ce sont des alpinistes qui sont employés – souvent des guides de haute montagne – mais le travail est dangereux et fastidieux. On invente alors quelques années plus tard un robot spécifique (avec chenilles et ventouses), qui permet de faire 80% de la maintenance à ce jour, les cordistes restant employés pour réparer les joints et pour détartrer l’édifice deux fois par an.

pyramide détil 1
Détail de l’armature en acier de la Pyramide

Lors de la construction, des fouilles archéologiques sans précédent dans la cour Napoléon et la Cour Carrée ont mis au jour les fondations médiévales du Louvre, datant du règne de Philippe Auguste. Ces trésors sont présentés dans une partie du Carroussel du Louvre.

Aujourd’hui, la pyramide est devenu un monument parisien à part entière : c’est la troisième œuvre la plus prisée des visiteurs du Louvre, avec la Joconde et la Venus du Milo. Depuis sa création, le nombre de visiteurs au Musée du Louvre est passé de 3 à 10 millions annuels. Un vrai succès !

pyramide Louvre

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