Grands mystères : La disparition du Grand Mogol


Le Grand Mogol est le plus gros diamant que l’on ait jamais découvert. Trouvé en Inde mais disparu depuis des siècles, il a connu une existence courte et mouvementée. Après que son dernier propriétaire connu fut assassiné dans la première moitié du 18ème siècle, la pierre disparut et n’a jamais été retrouvée. Depuis, les spéculations vont bon train : existe-t-il encore sous sa forme originale, ou a-t-il été divisé en plusieurs petites pierres ?

Le premier propriétaire du diamant, l’Emir Jemla, était le bras droit du roi de Golconde, un royaume du sud de l’Inde. Général militaire et proche du pouvoir, il a amassé une immense fortune personnelle en pillant les mines de diamants de la région. Le Grand Mogol a probablement été extrait de la mine de Gani vers 1550. On estime le poids de la pierre brute à 780 carats environ.

Pour apaiser le courroux de l’empereur mogol de l’époque le Shâh Jahân (le bâtisseur du Taj Mahal), qui ne parvenait à fédérer ses quatre fils, l’Emir Jemla lui offre le Grand Mogol.

Shah Jahan
Shah Jahan

L’empereur décide de le faire tailler par un certain Ortensio Borgio, un lapidaire italien. La taille choisie fût une « taille rose » en demi-sphère composée de facettes horizontales juxtaposées. Malheureusement, suite à différentes erreurs de manipulation, le poids du diamant fut réduit à 280 carats, et le coté gauche en partie amputé, ce qui rendit l’empereur furieux. Il condamna le tailleur vénitien à plusieurs dizaines de coups de fouet et à une amende qui le ruina.

Malgré le piètre travail de taille, le Grand Mogol conserve une telle beauté et de telles dimensions, qu’il fascine tous ceux qui le voient.

La pierre est ensuite transmise à Dara, le fils ainé et successeur désigné de Shâh Jahân.  Mais son autre fils Aurangzeb ne le voit pas de cet œil : Il fait un coup d’état en 1658, tue son frère Dara, destitue son père et s’empare à la fois du trône et du diamant. En 1665, il montre fièrement la pierre à un diamantaire français, Jean-Baptiste Tavernier, qui est le dernier à nous en avoir laissé une description :

« La première pièce qu’Akel Kan (ndl : le gardien des joyeux impériaux) me mit entre les mains fut le grand diamant, qui est une rose ronde fort haute d’un côté. À l’arête d’en bas, il y a un petit cran et une petite glace dedans. L’eau en est belle et il pèse trois cent dix-neuf ratis et demi, qui font deux cent quatre-vingt de nos carats, le ratis étant sept huitième de carat. »

grand mogol
Le Grand Mogol tel que dessiné par Tavernier, avec sa petite entaille en bas à gauche

Ce qu’il advint ensuite de ce fabuleux diamant est un mystère.

On suppose qu’il a ensuite été volé par le roi de Perse Nâdir Shâh lors de son invasion de l’Inde en 1739, qui l’aurait fait ensuite découper en plusieurs petites pierres pour en tirer plus d’argent. Car on perd la trace du diamant après son assassinat. D’après certains historiens et gemmologues, on aurait retrouvé sa trace parmi les trésors de l’ex-shah d’Iran, où elle porterait le nom de Rïai-Noor (« océan de lumière » en persan).

Ou bien est-ce Tavernier qui l’aurait subtilisé et revenu aux russes avec lequel il était en affaires ?  Serait-il devenu le fameux diamant bleu Orlov, un diamant de forme similaire et d’un poids de 193 carats, qui est serti sur le sceptre des tsars de Russie. Car comme le Grand Mogol, le diamant Orlov présente une petite fêlure, et a la même forme de rose. Nul ne le sait. Mais un tel chef d’œuvre de la nature à ce jour disparu, fait encore couler beaucoup d‘encre…

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