Le Saviez-vous ? Le Pop Art, un art populaire


Mouvement artistique emblématique des années 60, le Pop Art (« Art Populaire » en français), se caractérise par ses inspirations puisées dans la société de consommation et la culture de masse, à travers la publicité, le design, les bandes dessinées, la mode, mais aussi la technologie naissante. Empruntant des techniques issues de cette culture populaire comme le collage ou la reproduction mécanique, c’est un mouvement étroitement lié à la croissance économique du monde occidental après la seconde guerre mondiale.

Le Pop Art apparaît en Grande-Bretagne dans le milieu des années 1950. Ce mouvement culturel prolonge les courants d’avant-garde européens du début du XXe siècle, comme le cubisme, le dadaïsme et le surréalisme, qui ont déjà commencé à représenter la vie quotidienne sous toutes ses formes et qui apportent une vraie croyance dans les possibilités de l’Art.

A cette époque, soit après la seconde guerre mondiale, les traumatismes et privations ont laissé place à une frénésie commerciale et à une production d’images en masse. La machine industrielle tourne à fond, les foyers s’équipent de postes de radio et de télévision, on voit apparaitre de la publicité sur tous les murs, c’est la course à la consommation de masse.

Pub 1950
Publicité des années 1960

Le Pop Art apparait comme une façon d’exprimer son ironie et son idéalisme face à cette nouvelle société consumériste, et de contribuer à la culture de masse. D’ailleurs, de nombreux représentants du pop art ont travaillé auparavant en tant que graphistes et designers pour des agences publicitaires et des magazines de mode.

De fait, on retrouve dans le  Pop Art une palette de couleurs vives issue des médias, de la science-fiction, de la technologie, du design et des objets de la vie quotidienne. Mais le mouvement se définit aussi par l’utilisation de techniques issues du monde industriel, dans les matériaux (acryliques et ses couleurs vives) et méthodes de reproduction (sérigraphie).

La première œuvre qualifiée de ce mouvement est un collage de l’artiste écossais Eduardo Paolozzi, daté de 1947. Elle se nomme « I was a Rich Man’s Plaything » (J’étais le jouet d’un homme riche), et représente le mot « Pop » dans un nuage de fumée sortant d’un revolver pointé vers une pin-up. Connu avant tout comme sculpteur (il fut le sculpteur officiel de la Reine d’Angleterre de 1986 jusqu’à sa mort en 2005), Eduardo Paolozzi crée des collages à partir de couvertures de magazines, de personnages de bandes dessinées et de publicités, en provenance des Etats-Unis.

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Le début du Pop Art en Grande-Bretagne est ainsi alimenté par la culture populaire américaine, vue de loin.

Il faudra attendre 1952 et la création à Londres de The Independent Group, par les peintres Richard Hamilton et Eduardo Paolozzi, les architectes Alison et Peter Smithson et le critique Lawrence Alloway, pour que les contours du Pop Art se définissent plus précisément.

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The Independant Group

Lorsque la scène artistique new-yorkaise s’empare elle aussi de thèmes Pop en 1960, le Pop Art vit une deuxième naissance, qui sera une véritable explosion grâce à la médiatisation de ses artistes, aussi connus que des rock-stars. Le mouvement reçoit un bon accueil du grand public, en raison de ses références qui le rendent accessible. En utilisant des images et objets de la vie quotidienne, il les traite de façon impersonnelle, les rendant « kitsch ».

L’un des plus connus, Roy Lichtenstein expose à partir de 1961. Son œuvre, est, avec celle de Andy Warhol, la plus emblématique du Pop Art américain.

Roy Lichtenstein tire ses sujets des bandes dessinées et de la presse à grand tirage. Look Mickey, l’un de ses tout premiers tableaux, s’inspire d’un épisode des aventures de Donald. Il y a des bandes dessinées, à un véritable impact visuel sera la clé de sa réussite. La trame de points que l’on retrouve dans sa peinture mime le procédé de reproduction des illustrations imprimées, et signifie que ses œuvres sont des images d’images.

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Andy Warhol quant à lui, s’empare d’une image et la répète à l’infini. La photographie utilisée est en noir et blanc, il colore le fond de la toile et ensuite imprime le sujet, de la manière la plus neutre possible en n’y mettant qu’un minimum de détails. Il le reproduit ensuite par sérigraphie, soit une impression qui utilise des pochoirs garantissant une couleur intense avec un fort dépôt d’encre. Il applique ce principe à quasiment tous les sujets : bouteille de Coca-Cola, billet de banque, visage de Maryline Monroe, de Jackie Kennedy ou de Liz Taylor. Dans sa première exposition Pop art en solo figurent ses 100 Soup Cans (100 canettes de soupe), 100 Coke Bottles (100 bouteilles de Coca-cola) et 100 Dollar Bills (100 billets de dollar).

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Tom Wesselmann, un autre représentant connu du Pop Art américain, recourt aussi au collage et aux juxtapositions. Ses deux séries majeures, Great American nude (Grand nu féminin) et Still life (Nature morte) sont réalisées à partir de collages d’images découpées dans des magazines, mais aussi d’objets trouvés intégrés dans le tableau. Ses compositions ont un aspect brillant et lisse.

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Robert Indiana, autre grande figure du Pop Art américain, utilise des images simples et iconiques, qui se résument à des nombres et des mots courts comme Eat (Manger) ou Die (Mourir). Le plus célèbre est Love (amour), dans les couleurs primaires rouge-vert-bleu. En 1973, la poste américaine le décline en timbre. L’image sera imprimée à 320 millions d’exemplaires. Indiana en a aussi tiré une sculpture monumentale au Love Park de Philadelphie et elle a été reproduite à New York, Madrid, Tokyo, …

Robert Indiana

La musique n’est jamais loin. Richard Hamilton produit la couverture et les affiches pour le White Album (l’album blanc) des Beatles. Le groupe de rock américain The Velvet Underground est produit par Andy Warhol et lié à l’aventure de la Factory d’Andy Warhol. Celui-ci est leur producteur et crée la pochette de leur premier album qui va devenir culte. Elle se compose d’une banane autocollante à côté de laquelle est écrit Peel Slowly and See (Pelez lentement et voyez).

the velvet Underground

Les œuvres de tous ces artistes partagent un attachement direct à l’image banale de la culture populaire américaine mais traitent également le sujet d’une façon impersonnelle, illustrant clairement l’idéalisation de la production en série. Au-delà de l’art pictural et du design, le Pop Art s’épanouit dans le contexte des années 1960 au libéralisme culturel et économique affirmé dans les sociétés occidentales.

« Le Pop Art est populaire, éphémère, consommable, bon marché, fabriqué en série, spirituel, érotique, fantaisiste, glamour, lucratif. » Richard Hamilton

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