Le saviez-vous : les origines des étrennes ?


Le mot « étrennes » vient d’un mot latin, sans doute d’origine sabine, strena, qui désigne un bon présage, et plus particulièrement un cadeau fait pour apporter un bon présage. Mais d’où vient cette tradition des étrennes autour de la nouvelle année ?

Cette tradition remonte à la Rome Antique. D’après une tradition ancienne, le roi sabin Tatius, collègue de Romulus au pouvoir, avait l’habitude d’offrir le 1er janvier aux principaux personnages de Rome, des rameaux de verveine cueillis dans le bois sacré de Strena. Pour les Romains, la verveine est une plante très précieuse aux vertus pharmaceutiques reconnues, et en offrir est gage d’un heureux avenir.

Tatius

Dès le début de l’empire romain, à la différence de ce qui se passe de nos jours, où les étrennes sont offertes à ceux qui rendent différents services, les étrennes sont apportées aux figures de la ville. Chaque employé doit offrir au moins une pièce de monnaie au patron qui le protège. Ainsi, les magistrats, les autorités, tous les puissants de la région reçoivent des présents de la part de leurs subordonnés. Et les habitants de Rome prennent l’habitude de célébrer l’empereur en lui offrant de l’argent le premier de l’an mais aussi encore des rameaux de verveine pour perpétrer la tradition.

Même si l’Église catholique en condamne la pratique, jugée diabolique, par le Concile d’Auxerre en 587, cela n’empêche pas la tradition de s’ancrer. Petit à petit, il devient traditionnel d’offrir à sa famille et à ses amis des petits cadeaux sucrés, figues, dattes ou miel, pour qu’il leur arrive du bonheur pendant la nouvelle année. Puis au cours des siècles, les modestes sucreries sont remplacées par des dons plus importants, pièces de monnaie en bronze ou en or, ou médailles d’argent.

En France, ce n’est pas de la verveine que l’on offre traditionnellement, mais des touffes de gui, provenant de ces arbres sacrés auxquels les Gaulois attribuent des vertus extraordinaires. Le premier jour de l’année, les enfants font le tour des maisons de leur village pour donner des rameaux de gui en souhaitant « Au gui l’an neuf » et on leur donne en échange quelques pièces pour les remercier. Cette coutume a longtemps subsisté en Bretagne et en Espagne, où les termes aguignettes et aguinaldo, dérivés du mot « gui », désignent les étrennes données au premier jour de l’an.

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Il faut savoir que quelque soit le calendrier, on n’a pas toujours commencé l’année le premier janvier. La date a évolué au fil des ans : sous les Mérovingiens, l’année commence le premier mars, puis le jour de Noël sous Charlemagne, enfin le jour de Pâques quelques décennies plus tard et pour plusieurs siècles. Et c’est finalement en 1564, sous le règne de Charles IX que l’on fixe le premier jour de l’année au 1er janvier.

Sous l’Ancien Régime, les étrennes perdurent et s’intensifient dans les couches supérieures de la société. Louis XV adore les étrennes et il distribue très généreusement des cadeaux confectionnés par ses orfèvres préférés. L’or et les pierres précieuses sont à l’honneur à la Cour. Avec la Révolution, le décret du 29 novembre 1789 tente de supprimer les étrennes reçues par le personnel administratif et politique pour éviter la corruption. Pendant ce temps, le peuple continue de se donner quelques biscuits, des cartes ou encore quelques pièces.

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Dès le XXème siècle, les étrennes prennent plus d’ampleur : Les grands magasins font leur apparition, la publicité se développe dans les revues et on offre des jouets aux enfants, des bijoux, du tissu et des vêtements ou encore des chocolats aux adultes pour leur souhaiter une bonne année.

Avec l’apparition du Père Noël, la coutume d’offrir des cadeaux le 1er janvier disparait, le jour des étrennes restant d’actualité pour donner quelques pièces à certaines corporations comme les facteurs, les pompiers ou encore les concierges et les éboueurs, en échange d’un calendrier.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. zookd dit :

    Merci pour toutes ces infos, on ne connait pas toujours nos traditions 🙂

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    1. Merci Zookd, à bientôt et très bonnes fêtes de fin d’année !

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  2. J’aime bien l’idée des étrennes sous forme de modestes sucreries…imaginer la tête de mon facteur m’apportant le calendrier !

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    1. Ça aurait au moins l’avantage de prendre un peu de temps pour parler autour d’un café et desdites sucreries… car les étrennes de nos jours c’est quand même un peu impersonnel …

      Aimé par 1 personne

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