Le Bouthan, un exemple pour l’environnement


Lové parmi ses montagnes creusées de vallées et de monastères, enclavé entre les géants que sont l’Inde au sud et la Chine au nord, le royaume du Bhoutan est l’un des plus petits pays du continent asiatique. Ce pays bouddhiste est resté volontairement en retrait du monde et des révolutions industrielles, et a su conserver une société où le progrès n’est pas mesuré à grand renfort de Produit National Brut, mais au travers du Bonheur National Brut… Petit voyage dans un pays qui voit la vie en rose… et vert !

De surface équivalente à celle de la Suisse, mais avec 800.000 habitants seulement, le Bouthan est le plus petit pays du sous-continent indien. Traversé par l’Himalaya, il compte de nombreux sommets atteignant les 7.000 m d’altitude.

Le pays aurait été créé au XVIIeme siècle sous le moine Shabdrung Ngawang Namgyal. Mais depuis l’unification du pays en 1907, c’est la dynastie Wangchuck qui gouverne. Monarchie absolue jusqu’en 2008, le pays est désormais une monarchie parlementaire où le bouddhisme demeure religion d’Etat et imprègne la vie quotidienne. On y dénombre 27 groupes ethniques, et la langue parlée est le dzongkha.

Isolé et en plein cœur de l’Himalaya, le Bhoutan vit coupé du reste du monde, de par sa situation géographique, et une volonté affichée de rester éloigné des grands conflits internationaux et du développement effréné mondial. Durant l’époque coloniale, les Anglais ont assuré la majorité des relations entretenues avec le monde extérieur, puis les Indiens ont pris le relais. C’est au 20ème siècle, lorsque le roi Jigme Singye Wangchuck accède au trône, que le pays prend le pas de la modernité et de la transition démocratique. La télévision et Internet n’y sont autorisés que depuis 1999, cette restriction visant à empêcher la dilution de la culture. Coté tourisme, le pays est soumis à des quotas de visiteurs annuels (100.000 touristes maximum par an avec l’obligation de dépenser minimum 250€ par personne et par jour), mais s’ouvre peu à peu vers l’extérieur.

Encore aujourd’hui, la capitale Timphou ne ressemble en rien aux autres capitales du monde : pas de buildings, pas de panneaux publicitaires, pas de Mac Do, pas de stade accueillant des milliers de supporters en furie et pas un seul feu rouge. Et c’est le vêtement traditionnel qui est de rigueur dans la rue.

Coté économie, le taux de développement du Bouthan est l’un des plus importants du monde. Ayant de très bonnes relations avec ses voisins, le royaume a su tisser des partenariats économiques forts et apaisés avec eux : santé et denrées alimentaires avec l’Inde, hydroélectricité avec la Chine… Les hôpitaux sont gratuits, l’école également.

Coté environnemental, le pays est fer de lance en matière écologique. La constitution bhoutanaise stipule que 60 % du Royaume doivent rester « boisés pour l’éternité ». Il est d’ailleurs formellement interdit de couper un arbre. C’est également le seul pays où la chasse est strictement prohibée et son interdiction respectée.

Par ailleurs, le Bhoutan est le seul pays au monde à avoir un bilan carbone négatif. Cela est dû au fait que 73% de sa surface est occupée par des forêts, et que sa consommation d’énergies fossiles est quasi nulle. Grâce à cela, le pays absorbe trois fois plus de CO2 qu’il n’en produit. Le pays a instauré aussi la « Journée hebdomadaire des piétons » dans sa capitale. Il en résulte un air pur, comparable à celui de la Finlande, 5 % au dessus de la norme européenne.

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L’agriculture, et notamment l’élevage, est encore essentiellement de nature familiale. Une stratégie évolutive engagée depuis 2011 et d’autres mesures ont été mises en place pour le pays. 90 % des habitants possèdent des terres à 90 % bio. Le gouvernement souhaite éradiquer progressivement la vente d’engrais chimiques et les remplacer par du compost en guise de fertilisant naturel. Le Bouthan compte ainsi devenir le 1er pays au monde à vivre d’une agriculture 100 % bio d’ici 2020.

Mais le pays n’échappe pas pour autant à ce jour à des problèmes environnementaux qui sont récurrents dans de nombreux pays encore en voie de développement : assainissement des eaux usées encore largement insuffisant, collecte et recyclage des déchets encore peu développés, consommation grandissante de drogue et d’alcool, effritement du tissu social traditionnel, et non intégration de ses minorités hindoues.

Toutefois, la situation s’améliore du fait notamment que l’éducation à l’environnement, partie de l’identité nationale, est omniprésente à l’école mais aussi dans de nombreux lieux publics. La sauvegarde de l’environnement et la promotion du développement durable font parmi des quatre indicateurs du Bonheur National Brut (BNB), instauré en 1972. Le BNB se révèle donc le moyen de parvenir à se développer sans perdre son âme, en préservant la culture du pays, sa religion et un environnement fragile. Une Commission spécialement dédiée au BNB a même été créée en 2008. Celle-ci veille à ce que chaque décision ou programme prévu par le Gouvernement soit favorable au BNB. C’est cette commission qui a, par exemple, pris la décision de ne pas adhérer à l’OMC ou de refuser le développement de l’exploitation minière.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Lynley dit :

    Très intéressant et interpelant. Ca donne à réfléchir.

    Aimé par 1 personne

    1. On a plein de choses à prendre des autres cultures ! Merci Lynley pour votre message ☀️

      Aimé par 1 personne

  2. marcel1712 dit :

    Voilà qui fait rêver. Quel exemple !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Marcel ! En effet, ce pays semble être un exemple que de nombreux points… a bientôt

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