L’hypnose pour guérir les enfants


Thérapie de l’attention, l’hypnose est une technique qui permet d’atteindre un état modifié de conscience. Ce mode de relation privilégiée avec soi-même permet de réveiller toute la sensibilité de la personne, élargir sa perception, pour trouver en soi les ressources nécessaires pour gérer une situation. Arriver à l’état que nous avons tous connus, à l’image de l’enfant « rêveur » qui s’échappe dans son imaginaire lors des cours qui ne le passionnent pas.

Contrairement aux idées reçues, l’état hypnotique ne fait pas perdre le contrôle. Durant la séance, la personne est bien éveillée. Il n’y a ni perte de conscience ni sommeil. L’hypnose met tous les sens — toucher, ouïe, vue, odorat, audition — en éveil et procure une perception élargie. Alors que la plupart du temps, la perception de l’environnement se fait principalement par la vue et l’audition…

L’hypnose peut se révéler utile dans de nombreux cas de figure. Dans le milieu hospitalier, elle est souvent utilisée à des fins de confort, pour aider les patients à gérer leur douleur et leurs angoisses. En psychothérapie, elle peut permettre de traiter une multitude de troubles, toujours en fonction des besoins du patient. Tout un chacun est capable de provoquer lui-même cet état naturel de rêverie légère afin de faire travailler son inconscient dans différentes situations de la vie quotidienne.

Il est reconnu que l’état hypnotique est plus facile à obtenir chez les enfants, car ils ont déjà tendance à la rêverie et à l’imagination. Cette l’imagination fertile rend beaucoup plus facile l’accès à l’inconscient dans le but de provoquer le changement souhaité. Par ailleurs, l’enfant a un avantage sur l’adulte : il approche l’hypnose sans préjugés et sans peurs, et est ensuite plus enclin à pratiquer les exercices et jeux proposés par l’hypnothérapeute.

hypnose enfants

La méthode est la même que pour les adultes : on donne des moyens à l’enfant d’accéder à ses propres ressources, pour qu’il se détourne de ce qui le stresse ou le fait souffrir, en réorientant son attention sur des choses qui lui font du bien. On va ainsi arriver à guérir des blocages (terreurs nocturnes, phobies, timidité, problèmes d’apprentissage, anxiété, énurésie…) ou faire face au stress et à la douleur.

Par rapport à l’adulte, ce sont les techniques qui diffèrent : avec les enfants, on travaille davantage sous forme de jeu. L’aspect ludique est important pour créer un lien de confiance nécessaire à la thérapie.

On peut pratiquer l’hypnose chez un tout-petit à partir de trois ans. On utilise des stimuli sensoriels comme le bercement, le toucher de matières moelleuses et de son doudou, ou la chaleur, qui apportent une aide pour installer une atmosphère tranquille et rassurante. A cet âge, l’hypnose s’utilise sous forme de « conversation ». De 3 à 6 ans, l’enfant devient accessible au langage verbal et entre de plain pied dans l’imaginaire. Le recours aux jeux et aux contes hypnotiques offre de nombreuses possibilités (monde des fées, des super-héros) et le travail hypnotique peut être plus formel. Dès 6 ans, c’est l’âge idéal. Les potentialités de l’hypnose sont maximales car l’enfant est capable d’imaginer mais aussi d’élaborer. Il devient alors très actif dans les jeux et à partir de 8 ou 9 ans, des techniques de focalisation et d’induction peuvent être proposées. Quant à l’adolescence,  les possibilités de l’hypnose sont nombreuses à la condition que l’ado soit curieux et participatif.

A l’hôpital, on apprend aussi aux enfants à pratiquer eux-mêmes l’autohypnose. «Certains enfants sont assez matures pour pouvoir faire de l’autohypnose dès l’âge de sept ans», explique Martine Oswald, formatrice et superviseuse à la Société Médicale Suisse d’Hypnose. En France, l’hôpital pour enfants Robert Debré a été l’un des précurseurs en la matière : depuis 2006, une centaine de praticiens sont formés aux techniques de l’hypnose. Auprès des enfants, ils utilisent la technique du « gant magique » qui a la propriété de supprimer la douleur. Pendant ce temps, on peut faire des soins comme des piqures ou des traitements plus lourds (anesthésie, chimiothérapie…). 3 séances suffisent pour l’apprentissage. L’hypnopraticien apprend ensuite à l’enfant à retrouver cet état de conscience modifiée par lui-même.

Cette technique a permis de réduire fortement l’usage des médicaments et aussi la durée des hospitalisations.

Tout un chacun est capable de provoquer lui-même cet état naturel de rêverie légère afin de faire travailler son inconscient dans différentes situations de la vie quotidienne. Plus qu’une simple technique médicale, l’hypnose peut être perçue comme une véritable hygiène de vie.

gant magique
Apprentissage de la technique du « gant magique » par une enfant

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