Le saviez-vous ? La Haute Couture


La mode est une industrie qui constitue un pôle majeur de l’économie française. Avec 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct, les industries de la mode en France sont plus importantes que celles de l’automobile et de l’aéronautique dans l’économie du pays. Dans ce secteur, la Haute Couture, considérée comme une véritable forme d’art, dictée par des codes bien précis. L’appellation « Haute C outure » est d’ailleurs protégée par la loi. Pourtant très médiatisée, la haute couture ne représente que 1% de la part du chiffre d’affaires de la mode. Une broutille, mais qui est nécessaire pour l’image de marque de la maison de couture.

Les défilés de Haute Couture qui ont lieu actuellement me donnent l’occasion de faire un article sur le sujet. Voici quelques chiffres révélateurs de ce savoir-faire très français.

  • 1858 : c’est la date à laquelle le couturier Charles Frédéric Worth fonde sa maison au 7 rue de la Paix, et lance ainsi la haute couture à Paris. Le Britannique fait défiler ses collections sur de vraies femmes, une première (avant lui, c’était sur des poupées). Il étiquette également ses créations, à son nom. Il invente ainsi le modèle original, faisant du coup basculer l’artisan-couturier dans la catégorie couturier-artiste. Quelques années plus tard, il sera à l’origine de la
  • 1868 : Le couturier fonde une Association des maisons de couture destinée à protéger les créations des artistes, qui deviendra après la Chambre syndicale de la haute couture, exception française.
  • 1910 : La couture et ce que l’on appelait alors la confection, l’ancêtre du prêt-à-porter, se séparent et décident de faire « chambre » à part.
  • 1945 : Suite à un décret paru le 23 janvier, l’appellation « haute couture » devient une appellation juridiquement contrôlée. Seules peuvent s’en prévaloir les maisons, les entreprises agréées chaque année par une commission dédiée animée par la chambre syndicale de la couture se tenant sous l’égide du ministère de l’industrie.
  • 15 maisons bénéficient de l’appellation Haute Couture : Adeline André, Alexis Mabille, Atelier Gustavolins, Bouchra Jarrar, Chanel, Christian Dior, Frank Sorbier, Giambattista Valli, Givenchy, Jean Paul Gaultier, Julien Fournié, Maison Martin Margiela, Maurizio Galante, Stéphane Rolland, Alexandre Vauthier (le dernier à avoir reçu l’appellation en décembre 2014). En revanche, elles étaient 106 à être labellisées Haute Couture à la fin de la deuxième guerre mondiale. Mais de nombreuses maisons ont disparu, et les critères sont beaucoup plus stricts maintenant.
  • Une quinzaine de membres sont invités chaque saison, dont Balmain, Zuhair Murad, Serkan Cura ou Schiaparelli. Ce statut est par nature transitoire, les candidats doivent être agréés chaque saison par l’ensemble des maisons bénéficiant de l’appellation haute couture.
  • En plus, 7 maisons figurent sur la liste des membres correspondants, à l’origine non parisiens et peuvent présenter des défilés dans le calendrier en janvier et juillet : Azzedine Alaïa, Elie Saab, Fendi, Giorgio Armani, Martin Margiela, Valentino, Viktor & Rolf. Elle sont
  • 100 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris. C’est l’adresse de la Chambre syndicale de la couture, ce cercle très fermé qui compte les membres de la haute couture, les métiers d’art et la haute joaillerie. Elle organise notamment le calendrier des défilés. L’enseignement y repose sur la valorisation des savoir-faire traditionnels. Y furent élèves Karl Lagerfeld, Yves Saint Laurent, Issey Miyake, ou Alexis Mabille.
  • 300 : c’est le nombre de défilés qu’accueille Paris chaque année, avec 50 pour cent de marques étrangères.
  • 2 saisons couture, le printemps-été et l’automne-hiver qui défilent respectivement en janvier et en juillet, à Paris. Tandis que le prêt-à-porter organise ses shows en décalage, l’hiver est présenté au printemps et l’été à l’automne, à Paris mais aussi à New York, Londres et Milan.
  • 25 : Il s’agit du nombre de modèles que doit faire défiler au minimum la maison de couture, lors de son défilé de Haute Couture, « composés de modèles de jour et du soir, créés par la maison et entièrement réalisés dans des matières de qualité équivalente à celle employées pour les répétitions destinées à la clientèle ». Avant 2001, qui correspond à un assouplissement des conditions pour obtenir le label Haute Couture, il fallait faire défiler au minimum 50 silhouettes.
  • 600 : c’est le nombre d’heures que consacre la maison Dior à la broderie d’un modèle de Haute Couture.
  • 15 000 € : C’est le coût moyen d’une robe haute couture.
  • 382 000 € : C’est le prix auquel s’est vendue, lors d’une vente aux enchères en novembre 2019 chez Christie’s Paris, une veste haute couture créée par Yves Saint-Laurent. Un record mondial pour une pièce de ce couturier. Cette veste brodée en hommage aux Tournesols de Van Gogh avait été présentée en 1988, et reste considérée comme une pièce maitresse de l’histoire de la mode.
  • 1,2 milliards : c’est le montant des retombées économiques annuelles de la Fashion Week à Paris.
  • 200 serait le nombre de clientes régulières de haute couture dans le monde, alors qu’elles étaient 20 000 en 1945. Les temps ont changé, les femmes riches ne s’habillent plus en couture du matin au soir et ne sont plus fidèles à une seule maison. Les pièces de haute couture se portent désormais de préférence lors d’événements exceptionnels.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s