Les lanternes, une tradition asiatique


L’Extrême Orient a une longue tradition concernant les lanternes.

La plus connue d’entre elles est la lanterne céleste. Les lanternes célestes sont des ballons à air chaud traditionnels utilisés depuis plusieurs siècles en Asie et notamment en Chine où elle fut inventée.

La lanterne céleste fonctionne sur le même principe que la montgolfière. Elle se compose d’une poche en papier de riz fixée sur un cerclage en bambou, qui sert de point de fixation pour un brûleur en cire, lequel permet de chauffer l’air contenu dans la poche. Le plus spectaculaire lâcher de lanterne céleste a lieu à Taïwan dans les montagnes du district Pingxi où des milliers de lanternes célestes chargées de vœux et souhaits en tout genre s’envolent silencieusement dans le ciel.

La fête des Lanternes ou Yuanxiao Jie, est l’une des cinq fêtes traditionnelles les plus importantes en Chine. Elle tombe toujours le quinzième jour du premier mois du calendrier lunaire. Ce jour porte les festivités du Nouvel An chinois à leur apogée et marque également la fin des célébrations du Nouvel An. La plupart des légendes concernant la provenance de cette fête, remonte à la dynastie des Han (206-220 av. J.-C.), juste au moment où la culture traditionnelle chinoise est intimement liée à la nature, aux croyances et à la religion et aux légendes. Au cours des dynasties suivantes, avec le développement de l’influence culturelle du bouddhisme et du taoïsme, la coutume des « lumières » le quinzième jour du premier mois lunaire s’est progressivement étendue à toute la Chine.

La lanterne céleste est également dans les traditions thaïlandaises, lors du nouvel An ou au nord du pays durant le festival de la pleine lune (« yee peng festival »). A cette occasion, les habitants du pays lâchent des lanternes blanches (appelées « Kom Loy ») dans la nuit en faisant un vœu. Selon la croyance des Thaïlandais, plus la lanterne s’envole haut et loin, et plus le vœu pourra se réaliser. Une pratique qui a séduit d’autres pays du monde entier.

lanterne céleste fete
Célébration du Nouvel An à Chiang Mai, en Thailande

Au Vietnam, la lanterne n’est pas céleste, mais sert à éclairer les foyers, notamment dans le centre du pays à Hoi An. Toutes les nuits de pleine lune, c’est à dire environ une fois par mois, la ville se pare de centaines de lanternes, et tandis qu’on brûle des faux billets et des papiers votifs, des lampions de papier en forme de fleur de lotus sont déposés sur la rivière Thu Bon pour honorer les ancêtres.

Les lanternes firent leur apparition à Hoi An au XVIe siècle avec l’arrivée des immigrés chinois sous le règne du seigneur Nguyen. Le métier de confection des lanternes a pour père fondateur Xa Duong, l’homme qui s’adonne à la création des têtes de licorne et de lampion pour les spectacles traditionnels. Au fil des siècles, l’activité a pu surmonter des déclins pour s’imposer comme une attraction touristique de la Venise du Vietnam. Basée sur un fort attachement et un savoir-faire transmis de générations en générations, les lanternes de Hoi An se voient diversifier progressivement au niveau de forme et de matière.

lanterne Vitenam
Magasin de confection de lanternes à Hoi An, centre du Vietnam

Au Japon, La lanterne est l’ancêtre de la lampe électrique. Durant la période Edo au Japon (1603-1867), les voyageurs se servaient de lanternes pour éclairer leur chemin. Au fil du temps les lanternes sont devenues des objets de décoration, et même si elles sont encore utilisées aujourd’hui c’est plus pour le folklore et les rituels. Cependant elles restent des images fortes du Japon, une représentation symbolique qui fait immédiatement penser au pays du soleil levant.

Il existe quatre principaux types de lanternes au Japon : Tōrō, dont le nom désigne au sens large toutes les lanternes, construite en pierre, en bronze, en fer, en bois ou en tout autre matériau, elle sert à éclairer les temples, les sanctuaires et les jardins. Andon dont l’ossature de bois, de bambou ou de métal est recouverte de papier qui sert à protéger la flamme du vent ; la lumière étant obtenue par la combustion d’huile via une mèche en coton. Bonbori, de forme hexagonale, fabriquée en papier, peut se suspendre à un fil ou se poser sur un piquet. Chōchin est certainement la plus emblématique de toute, identifiable par sa structure de bambou en forme de spirale, elle est en bambou et en papier froissé, le plus souvent décorée de calligraphies et présente l’avantage de pouvoir se replier sur elle même dans le petit panier qui lui sert de fond. Le crochet fixé sur sa partie supérieure sert à l’accrocher, souvent à l’entrée des temples.

L’akachōchin ou lampe rouge indique les isakaya, soit les bars à saké dans les villes du Japon.

lanterne japonaise
La lanterne japonaise Chōchin

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