Le saviez-vous ? Les origines du surf


C’est dans les îles du Pacifique sud, en Polynésie, que le surf serait né, aux alentours du XVe siècle. Dans cet archipel, glisser sur les vagues est plus qu’un sport, c’est une pratique déterminante pour l’organisation de la communauté sur les îles. C’est avant tout une épreuve infligée aux chefs de tribus, qui défient la mer et ses éléments pour prouver leur puissance et leur supériorité. Les Polynésiens, quant à eux, se mesurent les uns aux autres lors de duels, au terme desquels le meilleur voit son rang s’améliorer au sein de sa Communauté.

La pratique du surf est également coutume à Hawaï, à quelques centaines de kilomètre de là, un peu plus au Nord, toujours dans les eaux chaudes du Pacifique. L’explorateur britannique James Cook, qui jette l’ancre dans la baie de Kealakekua aux Îles Sandwich en 1778, est le premier à en parler dans son journal de bord. Il décrit un sport sur l’eau, dénudé, pratiqué sur de grandes planches de bois, appelées Papa-he-nalu, taillées dans un tronc d’arbre selon un rituel bien précis.

A l’origine, le surf était pratiqué sur le ventre mais c’est à Hawaï que le surf debout fut très probablement perfectionné.

Au XIXe siècle, la colonisation des îles d’Hawaii s’amorce. Les missionnaires américains, voyant le surf comme une dépravation puisque les Hawaïens le pratiquent entièrement nu, en interdisent sa pratique. Quelques insoumis continuent toutefois de glisser sur les vagues, perpétuant la technique. Mais le surf reste cantonné à la région.

Il faudra attendre le 20ème siècle pour que le surf arrive en Australie grâce au champion de natation olympique hawaïen Duke Kahanamoku. Beaucoup considèrent ce dernier comme le père du surf moderne. Pour faire connaitre ce sport au grand public américain, Kahanamoku fait une démonstration de surf la veille de Noël 1914 à Freshwater Beach à Sydney, avec une planche qu’il a fabriquée lui-même. Décrit à l’époque comme le « bateau à moteur humain d’Honolulu », cette démonstration restera gravée dans les esprits, à tel point que l’on créa le « Duke’s Day » (la journée de Duke) un festival de deux jours organisé par la communauté de surfeurs de Freshwater.

Dans le même temps, l’écrivain américain d’aventure Jack London découvre également la beauté de ce sport et en parle dans de nombreux articles. Avec son ami George Freeth, ils créent ensemble le 1er club de surf à Waïkiki Beach, le « Outrigger Canoe Club ».

Les touristes commencent à affluer sur les plages de sable blanc. Le surf se répand alors en Australie et aux États-unis. On y recherche les plus grosses vagues et on s’adonne à sa passion malgré les guerres et les conflits. Ce sport étant très photogénique, avec ses sportifs affutés, aux cheveux longs blondis par la mer, ses grands vagues, ses planches colorées, il devient très populaire également grâce à de nombreux photographes comme Tom Blake et John H. « Doc » Ball.

En France, l’architecte Adrien Durupt ramène une planche de Californie en 1907 et s’en sert du côté de la Baule devant les badauds intrigués. En 1955, voyant les belles vagues de la côte basque, le scénariste américain Peter Viertel, alors en tournage à Biarritz, se fait livrer une planche des États-unis. Deux ans après, le film d’Henry King Le soleil se lève aussi finit de populariser le surf en France.

Les années 60 sont marquées par l’arrivée des ailerons sous les planches pour apporter de la stabilité, ainsi que de nouveaux matériaux tels que le polystyrène et la fibre de verre, qui permettent d’avoir des planches plus légères. Le surf commence à se démocratiser. De nombreux artistes, musiciens, écrivains, s’initient au surf non seulement pour ses bienfaits physiques mais pour adopter une culture différente, pour affirmer un style de vie. Le célèbre groupe de musique des Beach Boys finit d’asseoir le surf comme sport national australien.

Petit à petit la France commence à gagner sa renommée grâce à ses spots qui peuvent être surfés tout l’année et qui ne sont pas dangereux. La fédération française est créée en 1964, bientôt suivie en 1966 par la première école de surf ouverte à Biarritz. Dès les années 70, les compétitions se succèdent, sponsorisées par de grandes marques qui y voient une opportunité exceptionnelle. Le marketing s’empare du surf. La France devient un grand pays de surf dans les années 80 grâce au retour du longboard et à l’émergence de planches évolutives. A ce jour, la Fédération française compte plus de 37.000 licenciés.

Aujourd’hui le surf est un sport à part entière notamment connu grâce à ses compétitions mondiales et popularisé par de grandes figures telles que Kelly Slater par exemple. Malgré cette mondialisation et cette forte médiatisation, le surf a su conserver l’esprit des pionniers de l’époque, en recherche de la vague parfaite et du respect de la nature et de l’océan. En plus d’être un sport, le surf reste un état d’esprit.

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