60% des poissons pourraient disparaitre à cause du réchauffement climatique d’ici 2100


Après avoir étudié 700 espèces de poissons, des chercheurs ont mis en lumière le fait que les poissons — en particulier les embryons ainsi que les adultes reproducteurs — sont bien plus exposés aux changements climatiques que ce que l’on pensait jusque là : Si la température des océans augmente de 1,5 °C d’ici 2100, comme les États s’y sont engagés dans l’Accord de Paris, 10% des espèces de poissons à travers le monde seront incapables d’y faire face. Et si cette température augmente de 4 ou 5°, alors c’est 60% des poissons du monde entier qui seraient décimés !

Les conclusions de cette nouvelle de l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine, publiée dans la revue scientifique Science parue mi 2020, sont beaucoup plus alarmistes que celles des études précédentes, qui évoquaient une disparition de 5% seulement des espèces de poissons en cas d’augmentation de la température de 5 °C. Cependant, ces études se basaient uniquement sur l’analyse de poissons déjà adultes, sans prendre en compte les adultes reproducteurs et non reproducteurs, ainsi que les larves et les embryons, qui sont beaucoup plus fragiles.

En effet, les embryons, les alevins et les femelles en gestation ont de plus grands besoins en oxygène pour leur développement que les adultes. Or plus la température de l’eau augmente, plus sa concentration en oxygène diminue. Ces population fragiles seront fortement impactées, avec un taux de survie qui les plongera à des niveaux si bas que l’extinction n’en sera pas loin.

Bébés poissons clown en Océan Indien

Pour ne pas disparaître, les poissons n’auront donc d’autres choix que l’exode, sauf que cela ne se fera pas sans conséquences sur la chaine alimentaire entière. De plus, tous les poissons, comme ceux d’eau douce, ne peuvent pas fuir.

Un peu partout dans les mers et océans s’observent déjà des phénomènes migratoires, vers le nord ou vers le sud selon l’hémisphère, et ce quelle que soit la région et le type d’habitat. Par exemple, une étude portant sur les espèces endémiques de 55 estuaires de l’Atlantique Nord (allant du Portugal à l’Écosse) a montré que sur 15 espèces présentes dans les années 1940 (bar, anguilles, flétans…), 11 ont ont déjà migré plus au Nord. Tandis que dans les estuaires du sud du Portugal, des espèces plutôt tropicales sont venues occuper la place laissée libre. Mais ce n’est pas sans conséquences sur les modalités du contrôle de leurs fonctions rythmiques essentielles comme la croissance, la prise alimentaire ou la reproduction.

Quel que soit son milieu d’origine, la perte d’un seul individu d’une espèce de poissons est très dommageable pour l’ensemble de l’écosystème. « Considérez la mer du Nord, nous pensons que d’ici la fin du siècle la température sera trop élevée pour que la morue de l’Atlantique puisse se reproduire dans cette région. Si cette espèce est expulsée du système, cela aura un impact important sur l’écosystème lui-même et tous les processus et interactions avec les espèces, car c’est un prédateur important », a expliqué Flemming Dahlke, l’un des auteurs de l’étude en question.

Il faut donc s’attendre à ce que le réchauffement provoque d’importants bouleversements dans les années à venir.

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