Les plus beaux phares de Bretagne


Saviez-vous que plus d’un tiers des phares de France se trouvent en Bretagne ? Il y en a en effet plus de 200, et c’est dans le Finistère qu’on en trouve le plus. Ceci s’explique par les 1.100 kilomètres de côtes qui bordent le littoral breton, qu’il fallait bien protéger des envahisseurs. Nous vous proposons de partir à la rencontre de ces sentinelles de la mer.

On appelle « phare » la bâtisse qui peut être gardée et occupée par des hommes. Sinon, on est en présence uniquement d’un “feu”. En Bretagne, il n’y a presque que des phares, même s’il n’existe plus de gardien de phare à proprement parler. Le dernier véritable gardien, Henri Richard, a pris sa retraite en septembre 2019. Il occupait le phare du Cap Fréhel. L’automatisation, les navires commerçants et de plaisance équipés de GPS et une cartographie plus moderne ont mis à mal ce métier solitaire. Ils sont encore trois à l’exercer en partie, entre Groix et Belle-Île-en-Mer, mais pas dans l’exacte tradition. Leur rôle est plus axé vers la vigie et la prévention maritime (émission d’avis nautiques), aujourd’hui.

Il existe trois catégories de phares : ceux de la terre ferme, ceux de la côte, et ceux de pleine mer. En Bretagne, les phares qui jouissaient de la terre ferme étaient appelés des “Paradis”, car ils étaient plus faciles d’accès et moins isolés que les autres. Ceux construits en mer, mais sur une île, étaient surnommés les “Purgatoires”. Et les phares de pleine mer, étaient désignés comme les “Enfers”, en raison de leur isolement total. D’ailleurs, de nombreux gardiens de ces phares sont devenus fous. Il existe d’ailleurs un “Enfer des Enfers” : le phare d’Ar-Men. Il s’agit du phare situé le plus à l’ouest de la Bretagne, perché sur son rocher en pleine mer, le dernier rempart humain avant l’Océan.

Le phare d’Ar Men, île de Sein

Le phare d’Ar-Men (en breton « la pierre« ) porte le nom du rocher sur lequel il a été érigé, qui n’émerge qu’au plus bas des grandes marées. C’est l’un des phares français les plus connus, en raison de son caractère isolé. Il se situe au large, à l’ouest après l’Île-de-Sein. Sa construction a duré 17 ans (1886 – 1881) et fut difficile et périlleuse vu son emplacement. Isolé, soumis aux vents violents et à la mer déchaînée, le phare a longtemps été appelé « L’enfer des enfers » par les gardiens. Son isolement a inspiré de nombreux auteurs, comme l’écrivain Jean-Pierre Abraham qui fut son gardien de 1959 à 1963. Henri Queffélec également publia « Un feu s’allume sur la mer », un roman qui s’appuie sur la construction du phare. Aujourd’hui, ce phare n’est plus visité qu’une fois par an pour l’entretien, les agents se faisant hélitreuiller par hélicoptère.

Le phare de la Vieille, île de Sein

Le phare de La Vieille et la tourelle de La Plate se trouvent sur le rocher de la Gorlebella (« la roche la plus éloignée » en breton) au large de la pointe du Raz. Ils assurent le balisage de cette zone particulièrement dangereuse. Le phare de La Vieille, qui dépend de la commune de Plogoff, a été l’avant-dernier phare français à être automatisé, en 1995.

Le Phare de Tévennec, île de Sein

C’est l’un des « phares des enfers » connus en Bretagne. Pas moins de 23 gardiens s’y sont succédés en à peine 35 ans ! Érigé en 1874 au large de la Baie des Trépassés, entre la pointe du Raz et l’île de Sein (Finistère), il serait hanté par des naufragés, et nombre de ses gardiens auraient connu un sort tragique : l’un d’eux serait mort exsangue après avoir trébuché sur un couteau; un autre aurait trépassé entre les bras de sa femme, qui n’aurait eu d’autre choix que de le mettre au saloir en attendant la relève … Quant aux survivants, ils seraient devenus fous à force d’entendre des cris de terreur et des voix leur intimant de fuir cet endroit battu en permanence par les flots. Il sera automatisé en 1910.

Le phare de Port-Navalo, Arzon

Ce phare de terre, situé sur la commune d’Arzon, ferme le Golfe du Morbihan par le sud sur la Presqu’île du Rhuys. C’est un phare qui a failli être dynamité en 1944, durant la Seconde Guerre mondiale. Son alignement avec la Teignouse trace l’axe permettant d’entrer sans encombre dans le Golfe du Morbihan. Une voie d’accès bien connue aujourd’hui qui n’a pourtant pas toujours été sans risque. Le 26 août 1922, le naufrage du cuirassé Le France révèle trop tard un haut-fond passé inaperçu et non cartographié, placé en plein sur l’alignement des deux feux.

Le phare du Cap, Fréhel

S’élevant à 67 mètres au-dessus de la mer, le phare du Cap Fréhel aide les bateaux dans le passage de la baie de Saint-Brieuc vers la rade de Saint-Malo, très difficile d’accès car battue par les vents. Du haut des falaises du Cap Fréhel, cette tour carrée érigée en 1702 par les Malouins, sur les conseils de Vauban, a servi de poste de garde aux allemands durant la Deuxième Guerre mondiale. C’est l’un des 5 phares français les plus puissants. Sa lanterne porte à plus de 53 kms. Du haut de la galerie apparait un panorama exceptionnel : la lande, le Fort La Latte, la rade de St Malo, la côte du Cotentin, au large les îles angle normandes, la baie de Saint Brieuc, l’île de Bréhat.

Le phare de Pen Men, île de Groix

Situé à l’ouest de l’île de Groix, le phare de Pen Men est le phare le plus puissant de tout le Morbihan, avec une portée lumineuse de 54 kilomètres. Il s’agit en réalité d’une maison-phare (c’est-à-dire dont le phare est intégré à un bâtiment habitable) qui a été construite en 1836 et mise en service trois ans plus tard. Il est automatisé mais gardienné dans la tour carrée attenante qui abrite deux chambres et les salles des machines et du radiophare. La pointe où se trouve le phare, en plus d’être très belle, abrite une réserve ornithologique car de très nombreuses espèces viennent nicher dans les crevasses de la falaise.

Le phare d’Eckmühl, Penmarc’h

Situé dans le pays bigouden, le phare d’Eckmühl, connu aussi sous le nom du Phare de la marquise, est situé sur la pointe de Saint-Pierre à Penmarc’h. Son nom provient de celui de la donatrice qui a permis sa construction, la marquise Adelaïde Louise Davout d’Eckmühl. Inauguré le 17 octobre 1897, le phare assure la protection de la côte jugée comme l’une des plus périlleuses de Bretagne, à cause des nombreux récifs qui jalonnent ses eaux. Célèbre pour ses 307 marches en colimaçon dans une cage d’escalier recouverte par des plaques d’opaline, il est inscrit aux Monuments Historiques depuis 2005. A cause d’un raz de marée, un mur fur construit en 1924, pour protéger la cour du phare dont le sol est harmonieusement décoré de dessins en pierres. Les huisseries du phare sont en chêne huilé et les portes sont en acajou cintré de ferrures de cuivre et de bonze. Le phare entièrement automatisé n’héberge plus de gardien depuis 2007.

Le phare du Petit Minou, Plouzané

Au pied du Fort du même nom, à l’entrée de la rade de Brest, le phare du Petit Minou, situé sur la commune de Plouzané, indique aux bateaux le chemin à emprunter pour entrer dans la rade de Brest depuis 1848. Faisant presque face à la pointe de Pen-Hir, au bout de la Presqu’île de Crozon, la vue y est sublime à plus de 360°, côté terre comme côté mer. Il forme un alignement avec le phare de Portzic.

Le phare de Men-Ruz, Ploumanac’h

Les Côtes d’Armor, très célèbres pour leur côte de granit rose, abritent l’un des plus beaux phares de Bretagne. Le phare de Men-Ruz à Ploumanac’h, officiellement phare de Mean Ruz (le phare tire son nom Mean Ruz de l’expression bretonne Men Ruz, signifiant pierre rouge), est un bâtiment construit en granit rose, qui indique l’entrée de la passe menant au port de Ploumanac’h, sur la commune de Perros-Guirec. Le premier phare date de 1860. Détruit en 1944, il a été remplacé par le phare actuel en 1948. Sa portée par nuit claire est de 11 milles marins, soit environ 20 kilomètres. Sa hauteur est de 15 m. Depuis le bord de plage, vous pourrez observer le château de Costaérès, situé sur une petite île du même nom au large.

Le phare de Saint Mathieu, Plougonvelin

Le phare de Saint-Mathieu, ou « St-Mat » comme on l’appelle en Bretagne, se dresse sur un promontoire dominant la mer d’Iroise. Il a été construit en 1835 dans les ruines d’une ancienne abbaye bénédictine du XIe siècle, pillée et détruite durant la Révolution française, dont les moines entretenaient un feu en haut d’une tour pour indiquer aux marins l’entrée dans le goulet de Brest. C’est l’un des phares les plus importants de la région, son feu porte à environ 55 km. Il est classé aux monuments historiques depuis 2005. Il est possible de le visiter et de profiter du somptueux panorama qui s’étend de la Pointe du Raz à l’île d’Ouessant, en passant par la Chaussée des Pierres Noires et l’Archipel de Molène. Vous pouvez poursuivre votre balade par le musée de l’abbaye, le mémorial national des marins morts pour la France et le parcours historique.

Le phare de la Jument, Île d’Ouessant

Ouessant possède 5 phares, dont le doyen des phares bretons construit en 1695, le phare du Stiff. Un autre de ses phares emblématiques, le phare de la Jument, est situé sur le récif d’Ar Gazec à Ouessant, en mer d’Iroise. Il a été érigé entre 1904 et 1914. Il se situe au sud de l’île d’Ouessant, là où sévissent les courants violents du passage du Fromveur. Lors des tempêtes, il peut être complètement sous l’eau. Il est mondialement connu pour les innombrables clichés de photographes intrépides, qui viennent le filmer par hélicoptère, du monde entier.

Le phare de Nividic, île d’Ouessant

Le phare de Nividic est situé à l’ouest de Ouessant. Entré en service en 1936, le phare a mis 24 ans à être construit. Conçue pour ne pas avoir besoin d’un gardien, la tour a cependant connu de multiples pannes qui ont parfois conduit à des périodes d’abandon. Depuis 1996, le phare de Nividic fonctionne à l’énergie solaire.

Le phare du Créac’h, île d’Ouessant

Reconnaissable entre tous avec ses rayures blanches et noires, le phare du Créac’h se situe sur la terre ferme de l’île d’Ouessant. Il signale l’entrée de la Manche aux navigateurs venant de l’Atlantique. Avec ses 59 kilomètres de portée lumineuse, il est l’un des plus puissants au monde. Son histoire est indissociable de la maîtrise des océans par les hommes. Le 7 mars 1806, Napoléon crée le Service des Phares et Balises et confie à Vauban la surveillance des travaux. Celui-ci construit alors le phare de Créac’h en 1863, avec pour mission de donner les moyens aux navires de dompter la furie océane. Très moderne pour l’époque, il sera pourtant le malheureux témoin de naufrages, dont celui du «Drummond Castle», en 1896. Tous les ans, cet immuable gardien veille sur 50.000 bateaux et accueille depuis 1988 le Musée des Phares et Balises, témoignage d’une grande épopée maritime.

Le phare de Kéréon, île d’Ouessant

Le phare de Kéréon est surnommé « le palace des Enfers« . Il se situe entre Molène et Ouessant (au sud-est de cette île), en pleine mer d’Iroise. C’est le dernier phare monument qui fut construit sur nos côtes (en 1916). Il porte le nom d’un enseigne de vaisseau de la Royal mort guillotiné à l’âge de 19 ans en 1794, condition imposée par son petit-neveu pour financer sa construction. C’est un phare particulièrement luxueux : dans l’escalier, les murs sont ornés de mosaïque ; dans la salle d’honneur, les murs sont revêtus de lambris de chêne de Hongrie, le parquet en chêne est décoré en son centre d’une grande rose des vents réalisée en ébène et acajou. Kéréon a été le dernier phare isolé en pleine mer à être automatisé, en janvier 2004.

Le phare du Paon, île de Bréhat

Le phare du Paon se trouve au nord de l’île de Bréhat, au large de Paimpol. Datant de 1853, il fut électrifié en 1942, puis détruit par les Allemands en 1944 et enfin reconstruit en 1949. L’édifice actuel construit de 1947 à 1949 domine une faille entre deux grands rochers où les vagues s’engouffrent en rugissant. Une légende recommande aux jeunes filles à marier d’y jeter un galet, le nombre de rebonds compte les années qui les séparent du mariage…

Le phare des Roches-Douvres, île de Bréhat

Le phare des Roches-Douvres est situé au nord-nord-est de l’île de Bréhat. Sa tour cylindrique est en granit. Haut de plus de 50 mètres, il est le dernier phare construit en mer en France. Sa tour, une colonne métallique de 57 mètres de hauteur, fut montée en 1866 à Paris pour l’exposition universelle de 1867, puis démontée et envoyée à Bréhat afin d’être remontée sur le plateau des Roches Douvres pour constituer le phare dont la construction dura 2 ans. C’est aussi le phare européen le plus éloigné des côtes, hors de toute limite communale. Situé entre le Sillon de Talbert et l’île de Guernesey, il s’élève à plus de 40 kilomètres des côtes françaises. C’est enfin l’un des plus spacieux, même s’il a été automatisé en 2000.

Le phare de l’île Vierge, Plouguerneau

Le phare de l’île Vierge est situé sur un îlot de l’archipel de Liliaen à Plouguerneau dans le Finistère. Du haut de ses 82,5 mètres, il est le plus haut phare d’Europe. Le « petit phare » a été construit entre 1842 et 1845 et mis en service le 15 août, fête de la Vierge. C’est le phare originel de l’île mais sa portée s’étant avérée insuffisante, un plus grand phare fut construit à partir en 1902. Si sa pierre de granit fut extraite directement de l’île, les parements, eux, sont en kersanton. L’intérieur est recouvert de 12.500 carreaux d’opaline bleue produits par Saint-Gobain. A cette époque, l’opaline était le meilleur moyen connu pour lutter contre la condensation sur les parois de la tour. Il fait aussi partie des derniers phares français à avoir été gardienné jusqu’à la fin de l’année 2010.

Le phare du four, Porspoder

C’est un phare-donjon (lui aussi qualifié « d’enfer » par les gardiens de phares), situé au large de la presqu’île Saint-Laurent, à Porspoder. Le phare du Four surveille le chenal du même nom, passage entre la Manche et la mer d’Iroise. Mis en service en mars 1874, il est construit en pierre de taille de granit reposant sur un socle de béton et de pierre aménagé en débarcadère. La tour du Four, ainsi que celle des Pierres Noires, est la première, parmi les phares en mer, à s’affranchir de la forme très incurvée dite « en trompette » en vigueur jusque là. La masse d’ensemble de la construction assurant la stabilité de l’édifice est alors privilégiée. Ce phare est très photogénique les jours de tempête, car il est posé sur une roche dont la forme génère des vagues capables d’atteindre son sommet.

Le phare des Poulains, Belle-île en Mer

Le phare des Poulains est construit sur la pointe occidentale de Belle-Ile-en-Mer, sur l’îlot des Poulains. Cette tour de 18 mètres de haut fut allumée le 15 septembre 1868. Elle ne se visite pas mais on peut y accéder à pied (seulement à marée basse). Son feu blanc, automatique, éclaire jusqu’à 23 milles (environ 42 km).

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