L’homme s’oriente vers une anthropocène…


L’empreinte des humains sur la planète a franchi un nouveau palier en 2020. Dans une étude publiée par des chercheurs israéliens dans « Nature » en décembre dernier, le poids des produits fabriqués par les êtres humains (appelé aussi masse anthropique) dépasserait maintenant la biomasse d’origine naturelle.

Les scientifiques ont calculé la masse totale des routes, des bâtiments, des infrastructures ainsi que de l’ensemble des produits manufacturés, et l’ont ensuite comparée à celle de la biomasse vivante, c’est-à-dire de toute la matière sèche du monde vivant – des plantes aux baleines, en passant par les insectes. Cette dernière masse du vivant a été estimée à partir de différents travaux scientifiques, y compris des données satellitaires, menés entre 1900 et 2018. Résultat, le poids des produits fabriqués par l’humanité double tous les 20 ans environ pour atteindre actuellement 1,1 teratonne (1 100 milliards de tonnes), alors que la totalité des formes de vie sur Terre pèse environ 1 teratonne (mille milliards de tonnes). Et la masse de plastique est le double de celle de tous les animaux. Pour les auteurs de l’étude, “ces résultats corroborent le concept d’anthropocène”, une ère où l’espèce humaine domine la planète.

Cette étude montre à quel point l’être humain éprouve la planète. Ce qui est encore plus marquant, c’est de constater l’inquiétant contraste entre l’évolution effrénée des productions de l’être humain et la disparition progressive de la biomasse.

Au début du XXe siècle, la masse des infrastructures humaines ne représentait que 3% du poids total de la biomasse. Sous l’effet de la croissance, de la modernisation et de l’apparition de nouveaux matériaux comme le béton, elle s’est envolée, notamment après la Deuxième Guerre mondiale avec la reconstruction puis le développement de tous les pays civilisés. A l’inverse, sous les effets de l’agriculture intensive et de la déforestation (depuis 20 ans, la planète a perdu plus de 100 millions d’hectares de forêt), le poids de la biomasse vivante se serait effondré de moitié depuis le néolithique.

À l’avenir, rien n’indique que cette tendance s’inversera. Au contraire, le point de non-retour semble être franchi : l’humanité produirait désormais toutes les semaines l’équivalent du poids de la population mondiale. Si l’homme poursuit à ce rythme sa production, le poids des constructions des êtres humains totalisera 3 tératonnes en 2040.

Espérons que la crise que nous traversons fassent changer les comportements et revenir à une vie plus respectueuse de notre environnement et de la nature.

Immeuble le Corbusier, tout en béton, construit à Marseille dans les années 1950

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