Des nuages aux formes spectaculaires


Le ciel est rempli de merveilles. Qui n’a jamais levé le nez en l’air à la recherche d’une forme qui se serait cachée dans les nuages ? Épars, mousseux ou épais, les nuages du ciel peuvent prendre des formes et des couleurs diverses et variées, plus étonnantes les unes que les autres.

L’aspect d’un nuage dépend essentiellement de la nature, des dimensions, du nombre et de la répartition dans l’espace de ses particules constitutives; il dépend aussi de l’intensité et de la couleur de la lumière reçue par le nuage, ainsi que des positions relatives de l’observateur et de la source de lumière par rapport au nuage.

Il existe trois grandes familles de nuages : les cirrus sont très fins, un peu à l’image des boucles de cheveux. Les cumulus ont la particularité de se former en amas et peuvent atteindre plusieurs kilomètres d’épaisseur. Enfin, les stratus se trouvent à des altitudes très basses et forment le brouillard quand ils sont près du sol.

Mais si les cumulus ou  cumulonimbus sont bien connus de tous car souvent aperçus dans nos contrées, il existe beaucoup d’autres nuages, plus rares et plus impressionnants, qui apparaissent dans d’autres latitudes. Voici un tour d’horizon des nuages les plus originaux du monde.

  1. Le nuage undulatus asperatus

L’asperatus est un énorme nuage très rare, qui forme une couche qui prend l’aspect de la surface d’un océan avec des ondulations ressemblant à des vaguelettes. Les ondulations qui l’animent sont dues à des ondes de gravité générées par les déplacements de masses d’air chaudes et froides, et par les variations de pression atmosphérique. Du mot latin signifiant « brutal« , l’asperatus est un nuage répertorié officiellement par  l’Atlas international des nuages de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) en 2017.
On le trouve principalement en Nouvelle Zélande ou dans les plaines américaines, le matin ou à la mi-journée.

nuage asperatus 3

 

2. La Gloire du matin

La Gloire du matin (ou « Morning Glory ») est un nuage bas en rouleau pouvant être observé entre septembre et octobre au nord de l’Australie dans le Golfe de la Carpentarie. Ce nuage interminable peut s’étirer sur près de 1000 kilomètres de long et se déplacer à 60 km/h. Il se condense généralement à une altitude d’environ 2 kilomètres. Plusieurs rouleaux peuvent se former côte à côte, offrant un spectacle encore plus surprenant.

Ce nuage fait partie de la famille des nuages en rouleaux (arcus), qui se forment se forment à l’avant des fronts froids, lorsque de l’air humide en train de se refroidir rencontre une couche d’inversion de température. Les nuages en rouleau sont probablement traversés le long de leur axe horizontal par un courant d’air. Celui-ci provoque d’ailleurs parfois de puissantes turbulences et des phénomènes violents tels des orages.

Chaque année, le phénomène attire les observateurs et des pilotes téméraires venus des quatre coins du monde pour le surfer.

nuage gloire du matin2

3. Le nuage iridescent

Les gouttelettes d’eau en suspension dans l’atmosphère peuvent parfois nous renvoyer de magnifiques couleurs. Le nuage iridescent, très fin, est formé de gouttelettes d’eau ou de cristaux de glace de taille en suspension qui diffractent la lumière du soleil. Ces particules doivent être uniformément réparties pour permettre l’irisation. Plus les gouttelettes sont nombreuses et de tailles identiques, plus les couleurs seront éclatantes et marquées. Cela se traduit par une magnifique coloration de toutes les radiations lumineuses du spectre solaire, c’est-à-dire les couleurs de l’arc-en-ciel.

L’irisation des couleurs ne se forme que dans certains types de nuages : les cirrus, altostratus et altocumulus. Ces nuages peuvent aussi bien apparaître de jour comme de nuit, la luminosité plus faible de la lune permettant même d’obtenir des couleurs plus distinctes à l’œil nu. Il est également parfois possible d’observer ce phénomène dans les trainées de condensation d’un avion, ou même dans celles d’une fusée lors de son ascension.

nuage iridescent

4. Le nuage Mammatus

Le terme Mammatus ou Mamma vient du latin « mamelle« . Il se développe sur la base d’un autre nuage, souvent un  altocumulus ou un cumulonimbus, et prend la forme de poches circulaires. La couleur du mammatus, normalement bleu-gris, peut prendre des tons or ou rougeâtres lorsque le soleil couchant les illumine.

Ressemblant à de petites sphères, les mammas se forment lorsque la partie instable d’un nuage survole une couche d’air sec. Les gouttelettes et cristaux de glace contenus dans le nuage descendent alors vers la base tout en s’évaporant. Cependant, certaines régions plus humides et moins froides que les autres continuent de descendre, déstabilisant la base du nuage et créant les mammas.

nuage Mammatus

5. Le nuage lenticulaire

Les nuages lenticulaires sont des altocumulus lenticularis, un type de nuage stationnaire qui a la forme d’un empilement d’assiettes. Ils se forment la plupart du temps en altitude, à cause du vent présent au sommet des montagnes. Ils sont dus au mouvement de la masse d’air qui rencontre le relief montagneux. Ce dernier faisant obstacle, le flux d’air est obligé de monter en altitude pour le dépasser. Ceci a pour conséquence de refroidir l’air qui se met alors à se condenser formant un nuage. A l’inverse, en redescendant sur les flancs, l’air se réchauffe et reprend une forme gazeuse.

C’est pourquoi le nuage n’apparait qu’au niveau du sommet, constituant une sorte de couronne autour de la montagne. Il ressemble alors à une lentille, un os de seiche ou une soucoupe volante. D’ailleurs, ce phénomène a souvent été associé à des manifestions d’ovnis par le passé.

Si le nuage parait stable, en réalité, il se reforme constamment au fur et à mesure que la masse d’air se déplace.

nuage lenticulaire2

6. L’entonnoir nuageux (ou nuage tuba)

L’entonnoir nuageux est formé par la condensation de la vapeur d’eau, sous forme de gouttelettes, dans une colonne d’air en rotation. Il apparait sous un ciel très nuageux et instable, formé de cumulonimbus, de cumulus bourgeonnant ou d’autres nuages de la même famille. Il se forme lorsqu’une couche d’air relativement froid surmonte une couche d’air relativement chaud et humide. On le voit donc couvent dans la zone des Tropiques.

Sa forme en cône inversé est très impressionnante et peut être redoutable. Si l’entonnoir touche le sol, il devient une tornade et s’il touche l’eau, il devient une trombe marine. Cela crée des vents pouvant atteindre jusqu’à 500 km/h et qui ravagent tout sur leur passage.

Au cours de la brève existence d’une tornade (jamais plus de quelques heures), la taille et la forme du tuba peuvent beaucoup changer et refléter les variations d’intensité des vents ou des propriétés de l’air entrant. La couleur du tuba varie du blanc au gris et même au gris bleu foncé lorsqu’il est constitué principalement de gouttelettes d’eau; quand le cœur se remplit de poussière, le tuba prend une teinte originale, comme par exemple la couleur rouge de l’argile de certaines régions.

nuage tuba

7. Le punch-hole nuage

Le punch-hole nuage prend la forme d’un grand trou apparaissant au milieu d’une vague de nuages, donnant l’impression qu’un vortex s’est créé dans le ciel. Il se forme généralement au milieu de cirrocumulus ou altocumulus lorsque la température de l’eau contenue descend en dessous de zéro, mais n’a pas encore gelé.

nuage Punch hole

8. Le nuage supercellulaire

Les nuages supercellulaires sont une agglomération de plusieurs cellules orageuses qui se sont agrégées à un grand système nuageux. Ils se situent entre le courant ascendant et les courants descendants dans un nuage comme un cumulonimbus. Ils se caractérisent par la formation d’une cellule géante pouvant atteindre 20 kilomètres de diamètre. Ils produisent de violentes précipitations, des chutes de grêle et occasionnellement aussi des tornades.

Ce nuage se caractérise par une énergie potentielle de convection disponible élevée par un courant ascendant permettant une très large extension verticale (jusqu’à plus de 15 km), et par un changement des vents avec l’altitude dont la direction tourne. Le tout amène à un renforcement du mouvement vertical sous le courant ascendant. Plus l’énergie potentielle de convection disponible est importante, plus le sommet du nuage d’orage est élevé et plus intenses seront les phénomènes.

nuage supercellulaire4

9. Le cirrus Kelvin-Helmholtz

Possédant la forme de vaguelettes, les cirrus Kelvin-Helmholtz sont d’étonnants nuages rarement observés dans le ciel. Le phénomène se forme à cause de différences de températures, lorsque deux couches d’aire de température stable sont superposées et se déplacent à différentes vitesses sur leur surface de contact. Lorsque la couche d’air chaud se déplace plus vite, il se forme des ondes, des sortes de nuage en forme de vaguelettes ondoyantes.

En les observant on dirait que le ciel se transforme en un vaste océan.

nuage cirrus Kelvin

10. Le nuage nacré

Les nuages nacrés, ou nuages stratosphériques polaires, sont particulièrement rares et se forment la plupart du temps en hiver à proximité des pôles, à des altitudes très hautes (entre 15 et 25 km dans la stratosphère). Ils sont constitués de cristaux de glace et parfois d’acide nitrique et tirent leurs noms de leurs irisations qui rappellent celles de la nacre. Ces irisations sont particulièrement marquées quand le soleil se trouve à quelques degrés en dessous de l’horizon.

Chargés d’éléments chlorés, ils ont la mauvaise particularité de contribuer à l’appauvrissement de la couche d’ozone stratosphérique. Aujourd’hui, comme les nuages nacrés gagnent sans cesse du terrain, on les attribue volontiers au réchauffement climatique et à l’activité humaine.

nuage nacré2

11. Le nuage noctulescent

Le nuage noctulescent ou nuage polaire mésosphérique, ou encore nuage noctiluque, est une formation atmosphérique de très haute altitude. Il se forme à environ 75 kilomètres d’altitude dans un environnement particulièrement froid (environ -120°C). Ce sont les nuages les plus hauts jamais observés.

Uniquement visibles au crépuscule, période où le centre du Soleil est situé entre 12° et 18° sous l’horizon, ces nuages prennent la forme de filaments minces et allongés ou de nappes brillantes. Ils sont de couleur bleue argentée due à la réflexion de la lumière du soleil sur les cristaux de glace qui les composent.

La période la plus favorable à leur observation en hémisphère nord se situe autour du solstice d’été.

nuage noctulescent1

12. Le soulèvement orographique, ou tsunami de nuage

Le soulèvement orographique est un phénomène extrêmement rare engendré, comme un tsunami se produisant en mer, par la superposition de deux fluides se déplaçant à des vitesses différentes. Il est dû à un déplacement de l’air qui rencontre un obstacle du relief qui le force à s’élever. Ainsi élevé, il subit un changement de température qui  conduit alors à la formation de nuages.

On le rencontre souvent en Australie.

nuage tsunami

13. Le pyrocumulus

Un pyrocumulus est un nuage qui se forme au-dessus d’une source de chaleur intense, lors de feux de forêt ou d’éruptions volcaniques par exemple. Il fait partie de la famille des cumulus et se produit lorsque l’air de bas niveau est plus chaud et humide que celui en altitude. Quand l’air devient saturé, la vapeur d’eau se condense en gouttelettes pour créer un nuage.

nuage pyrocumulus Arizona

14. Barrière de nuages ou nuages étagés

Ces nuages appartiennent à la série des nuages Arcus en forme de rouleaux. Mais contrairement aux nuages en rouleaux, ils restent attachés  à la base du nuage principal, de type orageux et forment ainsi une barrière dans le ciel. Il peut être lisse ou déchiqueté, selon la stabilité de l’air.

Ce type d’arcus se forme le long d’une goutte froide plus épaisse qui force l’air chaud et humide de surface à monter jusqu’à la base de l’orage tout en se condensant. On appelle aussi  « nuage étagé ».

Très impressionnants, ils sont souvent annonciateurs de phénomènes dangereux.

barriere de nuage2

15. Le virga

Le terme virga (du latin virga, « branche verte« , « tige« , « baguette » et le dérivé « virgule« ) désigne en météorologie toute forme de précipitation n’atteignant pas le sol. Selon la température, il est formé de cristaux de glace qui se subliment ou de gouttes liquides qui s’évaporent sous un nuage en passant dans une couche épaisse d’air non saturé. Parce que la disparition de la précipitation se produit graduellement sous le nuage, la zone prend la forme d’une virgule, d’où le nom.

Ils ressemblent parfois aussi à des méduses. On peut retrouver des virgas sous tous les types de nuages, quelle que soit leur altitude.

Virga cloud

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Mallys dit :

    Merci pour ces photos de nuages ils sont magnifiques 🤩

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Mallys 😀

      Aimé par 1 personne

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