Pourquoi les vers luisants émettent-ils de la lumière ?


En été, il n’est pas rare d’apercevoir dans son jardin de petites lumières vertes ou jaunes qui jaillissent dans les herbes… Les vers luisants apportent à chaque fois un peu de magie à nos soirées.

Contrairement à ce que son nom indique, le ver luisant ou lampyre (Lampyris noctiluca) n’est pas du tout un ver, mais il s’agit d’un insecte coléoptère de la famille des Lampyridés dont la racine grecque signifie « briller » qui s’apparente aux lucioles, scarabées et coccinelles.

Ces insectes s’appellent ainsi parce que, même adultes, ils gardent l’apparence d’une larve. Le mâle fait penser à un petit scarabée plat, avec six pattes et des yeux hypertrophiés. Il est le seul à pouvoir voler. La femelle a un corps plus ovale, mou, qui la fait davantage ressembler à un ver, avec des antennes courtes, de toutes petites pattes et pas d’ailes. C’est elle qui produit de la lumière, par l’extrémité de son corps et quelques segments ventraux. La larve a des petites pattes, des points orangés sur les cotés et également son dernier segment lumineux. Quant aux œufs, ils sont aussi lumineux.

Cette capacité à émettre de la lumière, que possèdent d’autres organismes – notamment marins, comme les méduses ou certains mollusques – s’appelle la bioluminescence. Ce processus est le résultat de l’oxydation des molécules organiques de luciférine dans les cellules, catalysées par une enzyme, la luciférase. L’énergie biochimique de confrontation des deux, luciférine et luciférase, se transforme en lumière. Cette lumière émise est qualifiée de lumière froide puisque seuls 5 % de l’énergie sont convertis en chaleur.

Son but n’étant donc pas de chauffer, mais de permettre la reproduction : Les femelles étant celles qui émettent la lumière, cela permet aux mâles de les retrouver parmi tous les autres insectes afin de s’accoupler. Perchée sur un brin d’herbe, elle dresse son abdomen de sorte que ses segments ventraux soient visibles depuis le ciel, et effectue des mouvements de rotation. Les signaux lumineux ainsi produits peuvent être tour-à-tour perçus de tous les alentours. Chacune produit un signal plus ou moins long et à des intervalles différents, ce qui permet à chaque espèce de se reconnaître.

Sur terre, il n’existe pas de mammifère luminescent. Chez les vertébrés, le phénomène se retrouve seulement chez des poissons. Beaucoup d’insectes en revanche sont bioluminescents, en particulier chez les coléoptères (comme le ver-luisant) mais également chez les diptères (comme les lucioles, chez qui tout le monde émet de la lumière : les mâles comme les femelles). Certains se servent de leur bioluminescence pour attirer des proies, pour se camoufler, pour perturber leurs prédateurs ou encore pour communiquer, à la manière du morse en s’envoyant des signaux plus ou moins longs pour former des phrases et se comprendre.

Les larves de ver luisant sont des alliées du jardinier en contribuant à éliminer les limaces et les escargots du potager, mais malheureusement, l’espèce est en grande régression, à cause de la pollution lumineuse des villes et des insecticides.

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