A quoi ressembleront les Champs Élysées en 2030 ?


Les Champs-Élysées sont nés de la vision d’André le Notre, célèbre paysagiste de Louis XIV, qui souhaitait la création d’une route connectant le palais des Tuileries au château de Versailles, au travers d’un lien tant esthétique que pratique. Ils retracent 350 ans d’histoire de France, dans un alignement de monuments prestigieux qui font le prestige de l’urbanisme à la française.

Cette avenue, considérée souvent comme la plus belle avenue du monde, va être profondément réaménagée, dans le cadre d’un immense projet qui devrait démarrer à la fin de cette année et se terminer vers 2030. Ces grands travaux porteront sur les 1,9 kilomètre de l’avenue, de la place de la Concorde à la place Charles-de-Gaulle, pour un budget global de 250 millions d’euros.

L’enjeu de la maire de Paris Anne Hidalgo est de redonner de l’attractivité à la célèbre avenue qui est de plus en plus délaissée par les parisiens. Car avec plus de 3.000 voitures par heure, cette artère est devenue une autoroute urbaine, et l’une des plus polluées de la capitale (plus que le périphérique parisien), alors les zones vertes y sont trop peu présentes. Par ailleurs, si les Champs-Elysées sont toujours plébiscités par les touristes, les Parisiens boudent l’avenue. Les deux tiers des passants sont des touristes (68 %), dont l’écrasante majorité vient de l’étranger (plus de 85 %), tandis que les Parisiens ne représentent plus que 5 % des promeneurs. Selon un sondage de l’Ifop commandé par le Comité des Champs-Elysées, 94% des Parisiens ont une image négative de cette artère parisienne qu’ils qualifient à 71% de touristique ou à 26% de bruyante. Et malgré ses 15 hectares de surface de jardins, l’avenue des Champs Elysées est 40 fois moins pratiquée que les parcs des environs, notamment le parc Monceau situé à proximité.

Le Jardin des Tuileries et la perspective des Champs Elysées, dessinés par André Le Nôtre en 1697

C’est le cabinet d’architectes PCA-Stream, avec sa proposition baptisée “Les Champs des possibles”, qui a été retenu. Son credo : repenser la nature comme écosystème. Au programme de son projet qui vise à « réenchanter la plus belle avenue du monde » : réduire les zones réservées aux véhicules, développer les espaces piétonniers et augmenter le nombre d’arbres et d’espaces verts afin d’améliorer la qualité de l’air parisien.

Sur le premier sujet de la circulation, le projet propose de rendre l’avenue davantage piétonne, en la faisant passer à deux voies de circulation contre deux fois deux voies actuellement. Cette diminution de la place de la voiture pourrait être progressive. Elle serait d’abord limitée aux horaires de repas, à midi et le soir, ainsi que les soirs de week-ends. Elle s’accompagnerait également d’un changement de revêtement avec la disparition des pavés actuels, afin de diminuer les nuisances sonores et la chaleur de la chaussée.

Le côté ombragé des trottoirs serait destiné à l’installation des voies de mobilités douces comme les vélos, tandis que le côté ensoleillé serait dédié à la flânerie, le repas, et l’installation de terrasses pour les moments de détente au soleil. Une « voûte végétale » viendrait compléter la double rangée d’arbres pour protéger l’espace de promenade.

Sur le sujet des commerces, dont l’étude Ifop a mis en exergue un manque de diversité et de typicité, le projet envisage la création de kiosques contemporains qui pourraient héberger « de la restauration créative » ou des magasins éphémères de créateurs et artisans. 

Dans cette vision globale d’un nouveau quartier, les places névralgiques de part et d’autre de l’Avenue ne sont pas oubliées : La Place de l’Étoile serait réaménagée autour d’un parcours piétonnier et de jardins et de pavillons dédiés à des thématiques de l’excellence française (culture, gastronomie…), ainsi que d’un centre culturel installé sous l’Arc de Triomphe. Des animations exceptionnelles et éphémères pourraient y prendre place, comme une patinoire en hiver, un marché aux fleurs au printemps ou encore une plage en été.

En contrebas, les jardins du rond-point des Champs-Elysées seraient repensés autour de l’art et de la nature, en cohérence avec le Petit et le Grand Palais environnants, ainsi qu’avec les marchands d’art du quartier de Matignon. Une palette végétale variée permettrait d’accroitre la biodiversité de sujets adaptés au réchauffement climatique et apporterait ombre et fraîcheur aux promeneurs tout en respectant le dessin original d’Alphand.

Côté Seine serait installé un jardin sportif, relié au parcours sportif du parc des Rives de Seine.

La Place de la Concorde, qui sera l’un des premiers chantiers à voir le jour pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, serait elle aussi fortement végétalisée, en continuité du jardin des Tuileries.

Ce lifting de plus belle avenue du monde fait partie d’un grand plan de rénovation urbaine de la capitale, intitulé «Réinventer Paris» lancé en 2014. Les autres grands projets comprennent un grand nettoyage de la Seine et le verdissement de la Tour Eiffel.

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