Grands mystères : La Ciudad Blanca ou la Cité perdue du Dieu Singe


En 2016, une expédition dans la jungle hondurienne découvre une cité perdue inviolée, la « Cité Blanche«  (ou Ciudad Blanca), appelée également « la cité perdue du Dieu Singe », au cœur de la forêt du Honduras.

Cette expédition a mis 4 ans à s’organiser. Elle fait suite à la télédétection en 2012 par scanner, de ruines dans la région de Mosquitia, cette partie très sauvage de la forêt amazonienne faite de marécages, de rivières et de montagnes qui abrite parmi les derniers endroits inexplorés du monde. Cette technologie de lasers, appelée Lidar (light detection and ranging) est utilisée depuis une dizaine d’années pour rechercher des traces de civilisation dans des contrées perdues. Elle permet d’envoyer, depuis un avion, des rayons pour cartographier les sols même à travers l’épaisse forêt tropicale. Ensuite un logiciel reconstitue l’environnement de manière digitale, permettant d’isoler par « couches » les différentes parties du paysage. Ce qui permet d’éradiquer la végétation pour ne laisser apparaître que les aspérités du sol et ses variations de hauteur… et voir à l’intérieur de la forêt des ruines cachées sous les arbres.

Extrapolation d’un site archéologique par la technologie Lidar

Dans un périmètre de 20 à 30 kilomètres de la Mosquitia, grâce à la technologie du Lidar, le gouvernement du Honduras aidé d’archéologues américains ont mis en évidence des formes carrées et rectangulaires, des traces de chemins, des systèmes d’irrigation, de buttes d’habitation, des restes d’édifices d’architecture publique et cérémonielle.

Le site est si isolé – cerné de toutes parts par des crêtes abruptes dans l’une des jungles les plus denses du monde – que les scientifiques ont dû être héliportés pour atteindre la zone. Lors de l’expédition, les scientifiques exhument une chambre funéraire remplie de 500 sculptures de jaguars, de vautours, etc. L’objet le plus emblématique est une effigie de jaguar-garou, susceptible de représenter un mélange d’humain et d’esprit animal, probablement la réincarnation d’un chaman, et qui fait partie d’un siège cérémoniel (ou metate) encore sous terre.

L’effigie de jaguar-garou retrouvée

Les objets trouvés sur place et les nombreuses cités évoquent une civilisation que les archéologues ne connaissent pas et pour laquelle ils n’ont même pas de nom. Elle aurait vécu aux alentours de 1000 ans après Jésus-Christ, c’est-à-dire à l’ère précolombienne, mais qui ne ressemble ni au mayas, ni aux incas, ni aux aztèques. Et aurait fui la zone vers 1500.

La légende de la « Cité blanche » remonte à l’arrivée des Espagnols sur le continent sud-américain. Tout a commencé en 1526, avec une lettre de Cortès à Charles Quint. Le conquistador y évoque une cité mythique perdue dans la jungle, du côté du Honduras. Cristobal de Pedraza, évêque du Honduras, commande la première expédition en 1544. Il rentre en disant avoir vu, depuis le sommet d’une montagne, une grande ville située dans une vallée et que selon ses guides, « les nobles de cette cité mangeraient dans des assiettes en or et pierres blanches sculptées« . Pendant des siècles ensuite, aventuriers, trafiquants d’or et scientifiques vont tenter de localiser, en vain, cette cité désormais nommée « Cité blanche. »

La Cité blanche recréée suite à la première expédition en 2015. Source site Gaia Merveille

En 1920, l’aviateur américain Charles Lindberg affirme avoir survolé la Ciudad Blanca, mais sans en apporter la preuve. Dans les années 1920, l’ethnologue luxembourgeois Eduard Conzemius est le premier explorateur européen à s’aventurer dans la Mosquitia. Durant son séjour sur le Río Plátano, il entend parler par ses guides de la Ciudad Blanca mais aucun n’accepte de l’y accompagner. De nombreuses expéditions voient ensuite le jour, en vain. En 1940, le Musée de l’Indien d’Amérique envoie le journaliste aventurier Théodore Morde dans ce qui deviendra la plus célèbre des expéditions vers la Cité Blanche : il en revient cinq mois plus tard chargé de milliers d’objets en affirmant avoir bel et bien trouvé la cité perdue. De peur que le site ne soit victime des pillards, il refuse d’en donner la localisation. Il se suicide quelques mois après sans avoir rien révélé, emportant son mystère dans la tombe.

Théodore Morde lors de son expédition

De quoi ajouter à la légende d’un sanctuaire protégé par les dieux… Les Indiens de la Mosquitia eux-mêmes, les Miskito et les Tawahka, racontent la légende de ces peuplades anciennes qui avaient trouvé refuge dans la « Cité blanche » pour fuir l’avancée des Espagnols. Mais qui avaient dû en partir aussi à cause des malédictions et des catastrophes que ses habitants auraient subi et qui les aurait forcés à fuir pour survivre.

En plus de cette découverte incroyable d’une nouvelle civilisation, les scientifiques ont constaté qu’une biodiversité unique au monde s’était développée dans cette contrée jusque là inexplorée, servant de refuge à des espèces que l’on pensait éteintes. En tout, les scientifiques ont répertorié 246 espèces de papillons, 30 de chauves-souris, 57 d’amphibiens et de reptiles, en plus des nombreuses plantes, poissons, mammifères et insectes observés. Parmi ces espèces, trois n’avaient plus été observées au Honduras et dans le monde depuis plusieurs dizaines d’années.

Vue aérienne de la Cité Blanche au Nod-est du Honduras, dans la région de la Mosquitia

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