Série Japon : La cérémonie du thé


Initialement originaire de Chine, la cérémonie du thé japonaise remonte à la philosophie du bouddhisme zen, apparue au VIème siècle de notre ère. Elle nous donne un aperçu de l’art et des traditions du Japon.

Une légende raconte comment le pèlerin bouddhiste Bodhidharma est à l’origine de l’apparition du théier au Japon. Lors de son pèlerinage depuis l’Inde dans les années 550, ce moine aurait fait vœu de ne pas dormir pendant son voyage afin de prêcher sans relâche la doctrine bouddhiste. Son voyage l’amena jusqu’au Japon en passant par la Chine, mais au bout de trois ans, il fut pris de somnolence. Conscient d’avoir failli à son serment, il se coupa les cils et les paupières afin de garder toujours les yeux ouverts. Là où ses cils tombèrent deux arbres nouveaux germèrent : il infusa quelques feuilles de ces arbres – des théiers – et ne dormit plus pendant 6 ans, jusqu’à la fin de sa mission.

Lors de la période Edo (1600 – 1868), les samouraïs transformèrent cette cérémonie en un rituel. Leur mission était de se consacrer non seulement aux arts martiaux, mais aussi aux moyens de créer une atmosphère conductrice de l’âme. Il s’agissait de Kado la voie des fleurs, Kodo la voie de l’encens, Shodo la voie de la calligraphie, et Chado la voie du thé.

Les fils de riches familles de samouraïs étaient initiés à ces arts dès leur plus jeune âge. Se levant à l’aube, ils se consacraient le matin à l’étude de la calligraphie et des textes sacrés, puis des arts du jardin et des rituels complexes de la cérémonie du thé. Pendant la période Meiji qui suivit, les maisons de thé japonaises se développèrent, et devinrent des lieux où chacun pouvait s’échapper du monde ordinaire et profiter de quelques instants de tranquillité, d’objets d’art précieux et d’un bol de thé rafraîchissant.

Car l‘essence de la cérémonie du thé japonaise est l’harmonie. Elle repose sur un principe : Ichigo ichie (« ceci est la chance de notre vie« ) qui implique de se dédier au moment présent, instant précieux qui ne s’effacera jamais. Les gestes sont précis et très codifiés. Les maisons de thé sont petites et sobres, pour être en harmonie avec la nature et exprimer l’humilité : poutres en roseaux, matériaux naturels provenant des forêts environnantes… Elles sont souvent situées au fond de jardins, entre quelques tatamis pour plus d’intimité. On y trouve un foyer et un otokonoma, une alcôve contenant un rouleau peint et une fleur choisis en fonction de la saison et de l’invité.

On y déguste un bol de thé vert matcha, tenu à deux mains, accompagné d’une pâtisserie, en présence d’un maître de thé. Toute une série d’ustensiles sont utilisés dans la cérémonie : le chasen (fouet de bambou), le chashaku (la cuillère de bambou), le natsume (pot de thé) et le chawan, le bol de thé, véritable œuvre d’art pouvant atteindre des prix astronomiques.

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