Les animaux aussi sont de grands architectes…


Les animaux se transforment parfois en véritables architectes quand il s’agit de construire leur habitation, de chasser ou de se défendre contre des prédateurs. Que ce soit pour construire un nid pour abriter sa portée, une termitière pour faire grandir sa reine, ou un barrage sur l’eau pour simplement y vivre, les animaux regorgent d’ingéniosité en utilisant les ressources qu’ils trouvent dans la nature.

Cathédrales climatisées, jardins souterrains, fourreaux mobiles, nids protégés, cabanes sur l’eau… autant de prouesses architecturales réalisées avec des matériaux divers (boue, brindilles, bave, mousse, plumes, soie, coquillages…) et selon des techniques extrêmement ingénieuses, souvent sources d’inspiration pour les humains que nous sommes.

Voici quelques uns des chefs-d’œuvre de nos amies les bêtes :

L’araignée

Véritable piège pour les proies, la toile d’araignée est une savante construction qui s’illustre par sa grande régularité et une solidité incroyable. Ce sont en général des fils de soie qui composent les toiles, que l’araignée produit avec ses glandes séricigènes situées dans son abdomen.

D’abord, l’araignée tisse un long fil provisoire qu’elle laisse s’accrocher sur un support voisin au gré du vent.
Ce fil donnera à la toile son orientation et sa hauteur. Ensuite elle produit des fils plus solides, qu’elle accroche au fur et à mesure en se laissant soit tomber, soit en s’appuyant déjà sur les fils existants. La toile ainsi tissée est à la fois un support chimique (de phéromones déposées par le mâle, ou la femelle, ou les petits) et un vecteur vibratoire. Ainsi la toile sert à capturer des proies, de manière statique mais aussi dynamique en attirant les insectes grâce à l’électricité statique de ses fils.

Le républicain social

Le républicain social, petit oiseau originaire du désert de Kalahari en Afrique du Sud vivant également en Namibie et au Botswana, tisse d’énormes nids collectifs qui peuvent accueillir des centaines d’oiseaux à travers plusieurs générations. Ces nids, élaborés à partir de bâtons et d’herbe, sont permanents. Ils possèdent de nombreuses entrées. Ils sont réalisés en hauteur et contiennent de profondes chambres intérieures, ce qui permet à leurs habitants de rester au chaud à la nuit tombée et de profiter d’une température clémente la journée.

Les fourmis Oecophylla ou fourmis tisserandes

Les fourmis tisserandes, que l’on trouve principalement en Asie du Sud-Est ainsi qu’en Australie, vivent dans les arbres et tissent des nids à partir de feuilles d’arbres encore attachées à leurs branches, qu’elles assemblent entre elles avec le fil de soie de leurs larves. Ces nids peuvent varier en taille d’une seule feuille à plusieurs collées jusqu’à un demi-mètre de longueur.

Un habitat surprenant, fruit d’un travail collectif, comme toujours pour les fourmis.

Le jardinier brun

Le jardinier brun mâle est un oiseau d’Indonésie, qui accorde une attention toute particulière à la décoration de son nid pour attirer la femelle grâce à ses compositions de fleurs, de fruits et de graines. Cet oiseau a un sens de l’esthétique hors du commun. Le mâle crée des petites huttes ou des tonnelles sur le sol à partir d’herbe et de bâtons, les décore de brindilles et de pierres et tapisse l’entrée de mousse à la manière d’une allée nuptiale. Il agrémente le tout de champignons, baies, fleurs ou plumes afin de colorer son nid. Il recycle aussi des matériaux moins naturels : bouchons en plastiques, morceaux de paille, jouets pour enfants… bref, tout ce qu’il peut trouver à proximité et qui lui plait !

La construction de ces garçonnières peut prendre des années, plusieurs nids étant en construction en même temps, car le jardinier brun est polygame. Ce nid ne sert cependant pas à élever les petits, n’étant qu’un lieu pour attirer les femelles…

La termite boussole

La termite boussole construit d’immenses monticules de terre pour abriter sa colonie. Cette espèce tient son nom de l’orientation de son habitat : en effet, elle a la particularité de construire des habitats dont la partie la plus large est toujours orientée vers le sud. De cette sorte, ces termitières sont thermorégulées.

Les constructions peuvent atteindre jusqu’à six mètres de haut et on les trouve essentiellement en Afrique et en Australie.

Le fournier roux

Le fournier roux est un oiseau originaire d’Amérique latine (c’est le symbole national de l’Argentine), qui construit son nid en forme de four. Pour le fabriquer, ce petit architecte travaille d’arrache-pied pendant environ 2 mois. Il collecte d’abord de la boue ou de la bouse qu’il mélange à différents matériaux, comme de la paille, afin de former un mortier. Il dépose ce mélange couche après couche afin de façonner la structure. Le nid est situé à environ 8 mètres au-dessus du sol, sur une branche exposée, dans un arbre, parfois même sur le sol dans les zones dénudées. A l’intérieur, il est divisé par un mur qui sépare l’entrée de la chambre d’incubation des œufs, positionnée à l’abri du vent et de la pluie et contre les prédateurs.

Ces solides nids aident à protéger les petits des prédateurs et, une fois abandonnés, peuvent servir à d’autres oiseaux comme lieu relativement sûr pour vivre.

L’abeille

L’abeille vit en colonies dans une ruche. L’intérieur de la ruche est composé de rayons formés par des cellules hexagonales de cire. Lorsqu’un essaim d’abeilles recherche un lieu pour s’installer, ce sont les abeilles éclaireuses qui partent à la recherche du lieu idéal pour construire le nid. Une fois ce lieu repéré et approuvé, l’ensemble de l’essaim s’y installe. Les ouvrières façonnent la cire avec leurs pattes et leurs mandibules pour former les alvéoles ainsi que les opercules qui les fermeront. Ces alvéoles servent à stocker nectar et pollen mais aussi à pondre les œufs qui donneront les futures abeilles.

On compare souvent les nids d’abeille et de guêpes. Mais ils ne sont pas construits de la même façon. Les abeilles construisent leurs alvéoles à base de cire, tandis que les guêpes utilisent du bois qu’elles mastiquent.

Le poisson ballon

Le poisson-ballon, appelé aussi poisson-globe, est capable de dessiner pendant la saison des amours une rosace de sable d’une beauté saisissante pour séduire les femelles. Ce petit poisson, mesurant une douzaine de centimètres, se sert de ses nageoires et de son corps pour sculpter dans le sable des rosaces pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres de diamètre. A la suite de ses journées de travail (qui durent de 7 à 9 jours), la femelle poisson globe vient inspecter l’œuvre, et si celle-ci lui plait, elle s’accouple avec le mâle. A la suite de cet accouplement les œufs sont placés au centre de la rosace et protégés par les monts de sable.

La fourmi rousse des bois

Les fourmis rousses des bois sont très répandues dans l’hémisphère nord, plus particulièrement dans les sous-bois où elles construisent leur habitat pour abriter leurs nids. Malgré leur petite taille, les fourmis rousses érigent des fourmilières qui peuvent atteindre jusqu’à deux mètres de hauteur, souvent situées en lisière de parcelles boisées ou dans de petites clairières. Ce nid est construit autour d’une souche et constitué de débris végétaux, surtout des brindilles et des aiguilles de conifères, et forme ainsi un dôme pouvant atteindre 1 m à un 1,50 m de haut. Il constitue un excellent abri face aux intempéries, empêchant l’eau de s’écouler à l’intérieur, pour garantir la survie de la colonie et de sa reine.

Le tisserin Baya

Le Tisserin Baya est une espèce d’oiseau endémique d’Asie, qui construit des nids d’une grande complexité, suspendus dans les arbres. Ces nids sont élaborés à base de feuilles séchées et de lanières tressées entre elles, en forme de poire, rendant la construction très solide. Pour fabriquer un nid de taille moyenne, le mâle doit arracher entre 500 et 1 000 rubans d’herbe, mesurant de 30 à 60 cm de long.

Le tisserin construit toujours son nid dans le même sens, en commençant par le toit auquel il accorde un soin particulier en raison des pluies. Si une fois achevé, le toit de la chambre laisse passer un peu de jour, le tisserin y place un plafond qui ne sera pas tissé, mais formé par des petits bouts de feuilles que l’oiseau pose les unes sur les autres jusqu’à obscurcissement complet.

Le castor

Constructeurs infatigables, les castors passent la majorité de leur temps à ériger des barrages en travers de cours d’eau, pour se protéger des prédateurs et pour stocker leur nourriture. Le rongeur assemble des branches d’arbre avec de la boue et des pierres qu’il coupe lui-même grâce à ses grandes dents aiguisées, pour réaliser sa tanière en forme de cône. Ce barrage crée ainsi un étang en inondant la zone dans laquelle il vit. Le castor y installe ensuite plusieurs entrées submergées, qui lui permettent d’éviter les prédateurs et de chasser pour se nourrir en hiver. Ces barrages sont souvent construits en moins de 24 heures.

Le plus grand barrage de castors connu est situé dans le Parc national Wood Buffalo au Canada et mesure 850 m de longueur.

L’hirondelle de fenêtre

Les hirondelles de fenêtre sont de véritables maçons, construisant des nids avec divers matériaux. En avril, les hirondelles de fenêtre reviennent de leur hivernage au sud du Sahara, pour occuper leur zone de nidification en Europe et en Asie. La migration dure entre 40-60 jours, lors desquels elles parcourent jusqu’à 10000 km. Quand elles s’installent dans nos contrées, elles nichent préférentiellement dans des bâtiments bien accessibles, comme un atelier, un garage ouvert, une grange, ou encore sur une devanture de maison. Le nid est construit en forme de bol avec des éléments naturels : boue, salive, terre, argile, eau, herbes sèches. Les hirondelles retrouvent souvent leur nid de l’année précédente. S’il est trop abimé ou s’il a disparu, mâle et femelle se mettent à en reconstruire un neuf.

En France, toutes les espèces d’hirondelles sont protégées depuis 1976. Ainsi, il est interdit de détruire ou de porter atteinte aux hirondelles, ainsi qu’à leurs nids (même inoccupés) ou à leurs couvées.

Le trichoptère

Les trichoptères sont des insectes aquatiques, qui vivent essentiellement en eau douce, bien connus des pêcheurs. Leurs larves sont reconnaissables par le fourreau de soie protecteur dans lequel elles vivent, dans les rivières sous des pierres ou dans les mares sous des végétaux morts. Elles confectionnent cette maison en forme de tube de soie, sur lequel elles assemblent divers matériaux : brindilles, sable, micro-coquillages, perles, feuilles… La tête et le thorax seuls sortent du fourreau, ce qui permet à l’insecte de se promener avec sa maison. Cette particularité leur vaut le surnom de « porte-bois ».

La cigogne blanche

Le gigantesque nid de la cigogne blanche, établi sur une base de branchages, est constitué d’un enchevêtrement de brindilles, paille, herbe, racines, mottes de terre, voire déjections de cigogne, bouts de bois ou chiffons. Chaque année, la cigogne en revenant de sa migration, réutilise son nid et poursuit sa construction. Ainsi, les nids peuvent atteindre 1,70m de diamètre et 1,90m de hauteur et peser jusqu’à mille kilos.

Le plus gros nid de cigogne observé jusque là est le nid de la Porte de France dans la ville de Turckheim (Alsace-Haut-Rhin), qui pèse plus de 1200 kg.

La taupe

La taupe est un petit mammifère nocturne, qui vit dans nos jardins. Son habitat s’appelle la taupinière. Une fois sevrée vers l’âge de 2 mois, la petite taupe commence à creuser des galeries souterraines pour y élire domicile et pour y chasser. Pour cela, elle déblaie la terre en utilisant ses pattes antérieures dotées de six doigts. La terre dégagée est envoyée à la surface, et crée des monticules caractéristiques. Les tunnels situés dans les premiers centimètres du sol sont creusés pour la chasse (la taupe se nourrit de lombrics essentiellement). Les galeries plus profondes, à environ 25 cm sous la surface, servent d’habitat pour l’animal et sa descendance. C’est là que la taupe élit domicile, à l’abri des prédateurs, pour plusieurs générations, et parfois sur des superficies de 1000 m².

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Lynley dit :

    Magnifique ! Merci !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci de votre message Lynley 😀. Très belle journée

      Aimé par 1 personne

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