Série Japon : Le Torii, la porte vers le monde spirituel


Le Torii est un portail traditionnel japonais, que l’on retrouve à l’entrée des temples Shintoïstes ou d’autres endroits sacrés japonais. Sa fonction est de marquer la frontière (nommée Kekkai), située entre l’espace sacré du sanctuaire et le monde profane du dehors. Il est aussi considéré comme un symbole du Shintoïsme.

La religion Shinto est la religion officielle du Japon. Près de 80% de la population au Japon est shintoïste, mais 80% de la population est aussi bouddhiste. Au Japon, ces religions se complètent depuis plus d’un millénaire, même si le Shintoïsme est apparu bien avant le bouddhisme. Les adeptes du Shintoïsme croient en la vie en toute chose vivante et en toute chose inanimée : rochers, cascades, arbres, ancêtres… Ces objets sont appelés kami (littéralement « supérieur à la condition humaine »). Il en existe des milliers. Le shintoïsme tend à rendre harmonieux les relations des êtres humains avec la nature. Ses concepts clés sont la pureté, l’harmonie, et le respect de la famille.

Le Torii est apparu au Japon vers le 10e siècle pendant l’ère Heian. Son origine n’est pas clairement identifiée. D’aucuns pensent qu’il aurait des sources en Inde ou au Népal, à l’image des torana, ces portiques à l’entrée des lieux sacrés. 

Le mot Torii signifie littéralement « là où sont les oiseaux« ou « perchoir pour oiseaux ». Au Japon, l’oiseau et la mort sont souvent liés : les shintoïstes pensent qu’après la mort, le kami d’une personne passe à un autre monde et veille sur ses descendants. De nombreux textes anciens japonais racontent la transformation en oiseau (souvent blanc) de l’âme des morts.

Une autre explication à ce nom pourrait provenir d’une légende japonaise, celle d’Amaterasu, la déesse du soleil. En colère contre son frère, celle-ci décida de s’enfermer dans la grotte du paradis et de ne plus en sortir. Le monde fut alors plongé dans l’obscurité et le chaos. Tous les dieux (les kami) se réunirent afin de trouver un moyen pour la faire sortir. Ils décidèrent de placer des coqs sur des perchoirs et de les faire chanter toute la journée pour attirer la déesse à l’extérieur. Charmée par le doux chant des oiseaux, elle sortit de sa tanière et la lumière revint. A la suite de cet évènement, les gens se seraient mis à construire des perchoirs pour oiseaux devant l’entrée des sanctuaires pour honorer Amaterasu. 

Traditionnellement les Torii sont faits en pierre ou en bois, comportent 2 linteaux et deux poteaux, et sont peints en couleur vermillon. Les Japonais affirment que la couleur rouge a le pouvoir de conjurer la maladie. On en trouve également en pierre, parfois en bronze ou encore en béton. Ils peuvent être seuls, ou alignés et former un tunnel. Dans ce cas, quand un endroit possède plusieurs Torii, le premier est le plus large et se nomme Ichi-no-torii.

Chaque partie du Torii a un nom différent et il en existe de nombreuses variétés. Mais pour tous, si la porte du Torii est franchie dans un sens, il est important de la franchir ensuite dans l’autre sens afin de revenir dans le monde réel. De fait, les Japonais n’hésitent pas à contourner le torii s’ils ne sont pas sûrs de revenir par le même chemin ou s’ils se sentent trop impurs pour entrer dans un espace sacré.

Voici les Torii les plus emblématiques du Japon :

  • Le torii flottant du sanctuaire d’Itsukushima sur l’île de Miyajima est l’un des sites touristiques les plus emblématiques du Japon et l’un des plus anciens torii du Japon (bien qu’il ait été détruit et reconstruit à plusieurs reprises). Placé à la surface de l’océan, on a l’impression qu’il flotte.
  • Le torii flottant du sanctuaire de Hakone dans le lac Ashinoko. Chaque jour, des centaines de touristes font la queue pour pouvoir se prendre en photo devant le portail vermillon avec le lac et le Mont Fuji en toile de fond.
  • Les torii du sanctuaire Fushimi Inari-Taisha à Kyoto. Cette montagne, dédiée à la déesse Inari responsable des affaires, compte une dizaine de milliers de Torii sur plusieurs kilomètres, qui grimpent le chemin de la colline qui mène au sanctuaire. Les portails ont été achetés par des hommes d’affaires ou des sociétés qui espèrent ainsi obtenir la bénédiction des dieux. Le coût d’un emplacement pour un de torii de petite taille commence autour des 40 000 yens (environ 340 euros) et peut aller jusqu’à plus d’1 million pour les plus grands. 
  • Le torii du sanctuaire Kumano Hongu Taisha à Hongu dans la province de Wakayama. C’est actuellement le plus grand torii au monde, avec une hauteur de 40 mètres et une largeur de 42 mètres. Il a été construit en acier en 2000.
  • Le torii du sanctuaire Meiji de Shibuya dans le parc Yoyogi à Tokyo. Symbole de Tokyo, ce gigantesque temple comporte un torii géant en bois, de taille impériale, qui se trouve à la lisière de la forêt. La porte est estampillée du sceau en chrysanthème de l’empereur Meiji, qui a fait construire le sanctuaire en 1920 pour abriter son âme et celle de son épouse à leur mort.

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