Série Licornes : Airbnb


Pour le deuxième épisode de ma série Licornes, focus sur une licorne américaine devenue incontournable ces dernières années : Airbnb. Une success story assez récente puisque l’entreprise est née en 2008, mais a réussi en quelques années seulement, à bouleverser l’industrie des voyages professionnels et du tourisme.

L’histoire commence fin 2007 à San Francisco. Les fondateurs de Airbnb, Brian Chesky directeur d’une petite agence de design, et son ami Joe Gebbia, chômeur, viennent de quitter New York et s’installent à San Francisco. Les 2 amis développent un site internet en 48h pour proposer d’héberger des participants à la Convention du Design Industriel de San Francisco, qui ont pris d’assaut toutes les chambres d’hôtel de la ville. Leur proposition : dormir dans leur chambre d’amis sur un matelas gonflable et bénéficier d’un petit déjeuner, pour la modique somme 80 dollars (66 Euros) par nuit.

La première expérience étant concluante (ils ont logé 3 personnes pour cette convention), ils décident d’améliorer le site en faisant appel à l’ancien colocataire de Brian, Nathan Blecharczyk, diplômé d’Harvard et spécialiste en ergonomie web. Les rôles sont alors répartis ainsi : Brian s’occupe de la stratégie et de la partie financière, Nathan de la technologie et Joe du design. La société est officiellement créée en août 2008 et s’appelle AirBedandBreakfast.com.

Les 3 fondateurs de Airbnb : de gauche à droite, Brian Chesky, Nathan Blecharczyk et Joe Gebbia

Mais il leur manque de l’argent pour faire décoller leur petite entreprise. Pour renflouer les caisses, ils se mettent sur un tout autre marché : ils lancent une édition spéciale de boites de céréales à l’effigie des 2 candidats à la présidentielle américaine de l’époque : Barack Obama et John McCain. En deux mois, 800 boîtes de céréales sont vendues leur permettant de générer 30 000 dollars qu’ils injectent dans l’entreprise.

Cette rentrée d’argent leur permet d’intégrer l’incubateur Y-Combinator en 2009. Ils modifient le concept de la start-up, désormais à mi-chemin entre l’hôtel et le couchsurfing, et changent de nom, qui passe de Airbedandbreakfast à Airbnb.

Les céréales vendues à l’effigie des candidats à la Présidentielle

Malgré tous ces efforts, ils ne gagnent encore que 200 € par semaine et décident d’utiliser cet argent pour se rendre à New York, leur plus grand marché, afin de rencontrer leurs clients et avoir leur feedback. Ils comprennent que les photos présentées sur le site ne sont pas attractives, achètent un appareil photo et font du porte-à-porte auprès des propriétaires pour prendre de meilleures photos des annonces. L’entreprise obtient enfin une certaine attractivité et notoriété. L’accent est mis non plus sur les chambres partagés chez l’habitant, mais sur tous les types d’hébergement. Nous sommes en mars 2009 et Airbnb compte 2500 annonces et près de 10 000 utilisateurs enregistrés.

L’année suivante, ils soulèvent 600 000$ auprès de Sequoia Capital et près de 700 000 nuits sont réservées sur la plateforme !

Après plusieurs autres levées de fond et la mise en place d’une assurance automatique à chaque location, Airbnb ouvre des bureaux un peu partout dans le monde : Paris, Sydney, Moscou, Singapour, La Havane,…

En 2014, ils créent une application mobile et revoient leur logo pour le rendre plus moderne. Les années suivantes se partagent entre levée de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars, et ouverture de bureaux dans le reste du monde (25 à ce jour).

L’évolution du logo de AirBnb

Airbnb est souvent décriée par les hôteliers français qui les accusent de concurrence illégale. En effet, au fil de son développement, Airbnb est devenue une simple plateforme de réservation avec des appartements loués à des prix parfois ahurissants, et qui sortent des circuits officiels la plupart du temps. D’où les différentes règlementations passées en France ces dernières années (loi ELAN) pour tenter de réglementer les transactions.

Cela n’a pas empêché Airbnb de remporter l’appel d’offres du Comité International Olympique, pour devenir le partenaire de référence de l’hôtellerie pour les Jeux Olympiques depuis novembre 2019.

Depuis 2 ans, suite aux impacts de la crise COVID, la société annonce une réorientation stratégique et un retour aux valeurs initiales d’Airbnb, fondées sur l’économie collaborative. Selon Brian Chesky, cette crise pousserait «à revenir à nos racines, revenir à l’essentiel, revenir à ce qui est vraiment spécial à propos d’Airbnb – les gens ordinaires qui hébergent dans leurs maisons et offrent des expériences».

Quelques chiffres :

  • Fin 2020, la valorisation d’Airbnb était de 101,6 milliards de dollars
  • Le site recense 2,9 millions d’hôtes dans près de 200 pays et environ 100 000 villes. 
  • Les hôtes d’Airbnb ont accueilli plus de 40 millions d’invités en 2020.
  • Selon plusieurs estimations, la plateforme de location couvre 97,5% de la planète. Pourquoi pas 100% ? Parce qu’il est impossible de louer un logement en Iran, en Corée du Nord, au Soudan et en Syrie. À l’inverse, Tokyo, Paris et New York sont les destinations les plus populaires auprès des clients.
  • Du fait de la crise du COVID, le chiffre d’affaires d’Airbnb en 2020 a plongé de 32 %, à 2,5 milliards de dollars. Pour comparaison, entre 2015 et 2019, ce chiffre d’affaires avait été multiplié par 5.
  • La plateforme a du licencier 1500 personnes en mai 2020 (sur 7500).
  • À Paris, louer une chambre dans un appartement via Airbnb coûte en moyenne 86€. A Athènes cela revient à 40€, à Londres à 114€, et à Amsterdam à 121€.

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