Des routes en plastique recyclé au Ghana


Au Ghana, l’ingénieur Nelson Boateng a mis au point une forme d’asphalte fabriqué à partir de sacs en plastique recyclés. Dans ce pays, 22 000 tonnes de déchets plastiques sont produits chaque année, et seulement 2 % sont recyclés. Contrairement à ses voisins, le Bénin, le Rwanda ou le Kenya, le Ghana n’a encore jamais mis en place d’actions contraignantes visant à limiter la pollution plastique. La plupart des sacs plastiques finissent donc sur la route, dans les champs ou dans des décharges à ciel ouvert.

Conscient des conséquences de la prolifération du plastique dans son pays, et connaissant bien le matériau pour avoir travaillé dans une usine de plastique depuis ses 13 ans, Nelson Boateng a mûri l’idée de se servir autrement de cette manne polluante.

Le jeune ingénieur Ghanéen crée alors sa start-up Nelplast Ghana Ltd en 2017, pour développer des solutions de réutilisation durable du plastique usagé. Il met au point un broyeur de fortune en assemblant ferraille, fils électriques et moteurs. Il fait ses premiers essais avec 2 000 kg de déchets plastique récupérés dans son quartier d’Ashaiman, dans le nord-est d’Accra, la capitale ghanéenne.

Nelson Boateng, à gauche

Les déchets ramassés sont déchiquetés et mélangés à du sable (à hauteur de 20%, alors que l’asphalte traditionnel est composé majoritairement de sable). Le mélange ainsi créé est chauffé dans un tambour métallique pour le solidifier puis coulé dans des moules. Le produit fini devient un asphalte résistant et durable, qui sert à fabriquer des pavés pour les routes et les trottoirs, remplaçant ainsi les routes actuelles du pays.

Ces briques hors norme seraient 2 fois plus résistantes que le ciment classique de nos routes, avec une durée de vie estimée à 500 ans. Économiquement, ces petits pavés recyclés sont intéressants. Ils sont vendus 1 dollar pièce, alors que les pavés classiques reviennent à 1,50 dollar l’unité. Enfin, cette initiative est porteuse d’avenir, car elle permet une réduction de plus de deux tiers de l’utilisation de sable dans le processus de fabrication des routes. Or le sable marin devient une denrée rare, dont l’utilisation dans le secteur du bâtiment a un effet désastreux sur l’environnement, notamment en ce qui concerne la biodiversité.

L’initiative de Nelson est aujourd’hui soutenue par le Ministère de l’environnement ghanéen. Nelplast emploie aujourd’hui directement et indirectement 230 personnes. Le rêve de son fondateur est d’aider son pays à atteindre 50 % de recyclage dans moins de cinq ans.

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