Réveillon du Nouvel An : A chacun sa tradition


Le passage à la nouvelle année est fêté partout à travers le monde. Simple ou plus féerique, aux quatre coins du globe, chaque personne fête la nuit du 31 décembre de différentes manières, selon ses croyances mais avec une tradition commune : les rituels qui portent bonheur pour la nouvelle année.

Le 1er janvier est la date officielle de la nouvelle année selon le calendrier grégorien. Cette date a été fixée par l’empereur romain Jules César en 46 avant notre ère. Cette date du début de l’année a évolué dans le temps. Sous Hugues Capet, la nouvelle année débutait le jour de Pâques, tandis que sous Charlemagne elle commençait le jour de Noël. C’est en 1622 qu’elle a de nouveau été fixée définitivement au 1er janvier par le Pape Grégoire XV, dans le but de simplifier le calendrier des fêtes religieuses.

Tous les pays n’entrent pas en même temps dans la nouvelle année selon le fuseau horaire dans lequel il se trouve. Si l’on prend comme ligne de référence le Temps Universel Coordonné, ce sont les Néo-Zélandais qui fêtent le jour de l’an en premier. A l’inverse, ce sont les habitants d’Hawaï et de la Polynésie française qui fêteront le Nouvel An en dernier.

Voici un tour du monde des traditions insolites du Réveillon de nouvel an.

Au Japon : les 108 coups de minuit

Au pays du Soleil-Levant, le Nouvel An est appelé Shōgatsu. Il se célèbre en famille et démarre par un grand ménage de la maison, une sorte de rite de purification baptisé ôsôji. On orne pour l’occasion sa demeure de décorations symboliques symboles de longévité et de prospérité. Juste avant minuit, les Japonais se rendent dans un temple bouddhiste pour assister à la frappe des 108 coups de gong annonçant le passage à la nouvelle année et qui d’après la légende purifient les âmes. La nouvelle année est aussi l’occasion pour les japonais de savourer des kuromame, des haricots sucrés censés donner bonne santé.

Le premier jour de l’année est aussi le temps des « premières fois ». Les familles, tôt le matin, se retrouvent sur les plages et dans les montagnes pour admirer l’Hatsuhinode, la première aube de l’année. La tradition veut également que l’on adresse ses vœux par carte postale interposée. La poste met en œuvre un service efficace pour que la tradition soit bien respectée.

En Écosse : le First footing

En Écosse, dès que les 12 coups de minuit retentissent, le traditionnel First footing peut commencer. Selon la coutume, la première personne qui franchira le seuil de la maison (avec le pied droit) déterminera la chance de la famille pour l’année entière. Il est coutume que cette personne offre du whisky et des shortbreads (biscuits sablés) ou un gâteau aux fruits. Il faut également se tenir la main ou étreindre des personnes rencontrées dans la rue en entonnant la traditionnelle chanson « Auld Lang Syne ».

Les festivités du Nouvel An se poursuivent jusqu’au 2 janvier. Elles s’appellent Hogmanay et démarrent avec une procession aux flambeaux le 31 décembre.

En France: champagne, gastronomie et gui

En France, le soir du réveillon, le dîner se veut gastronomique. Foie gras et saumon fumé font généralement partie des mets incontournables. Cependant, chaque région a ses coutumes et propose d’autres mets du terroir. On trouvera sur la table des huîtres de Bretagne, du confit de canard du Sud-Ouest, des escargots de Bourgogne, du caviar d’Aquitaine… Autres spécificités festives, on s’embrasse sous le gui, et une fois minuit passé, on sabre le champagne.

Au Danemark : de la vaisselle brisée

Le réveillon du Nouvel An au Danemark commence à 6h00 précises avec le discours du nouvel an de la Reine, suivi du champagne et gâteau de guirlande (gâteau de couronne). Ensuite, à minuit, c’est dans un vacarme général que s’achève l’année : il est en effet de coutume de jeter toute la vaisselle usagée et fissurée durant l’année écoulée devant le seuil des maisons des amis ou des proches. Plus la pile de débris est importante, plus elle indique que la personnes est appréciée. Après avoir brisé la vaisselle, les Danois grimpent sur des chaises et sautent en criant ‘Godt Nytår! ‘, avec un verre à la main.

En Grèce: une table ornée de bijoux

En Grèce, pendant le dîner de la Saint-Sylvestre, la maîtresse de maison place ses plus beaux bijoux dans une assiette, qui sera ensuite posée sur la table. Cette coutume apporterait à la famille la prospérité pour l’année à venir. Pour le dessert, on déguste la vassilopita, un gâteau sucré avec quelques pièces de monnaie incorporées dans la pâte ; en trouver une porte bonheur. Une fois que le repas est terminé, les plats et les couverts ne sont pas lavés avant le lendemain, pour que Saint Vassilis (le Père Noël grec) puisse manger quand il apportera les cadeaux car c’est le 31 décembre qu’il passe.

Les rituels se poursuivent pendant la journée du 1er janvier, avec la « rupture de la grenade ». Ceux qui entrent dans une maison le jour du Nouvel An doivent faire éclater par terre un fruit du grenadier : plus de grains rouleront par terre, plus les habitants de cette maison seront chanceux.

En Espagne: les douze raisins de minuit

Quand minuit retentit le 31 décembre, les Espagnols doivent gober douze grains de raisin, las doce uvasdits, au rythme des douze coups de l’horloge de la Puerta del Sol à Madrid, avec laquelle tout le pays se synchronise. Si la tradition est respectée, les douze mois à venir seront remplis de bonheur et de prospérité.

Dans beaucoup de villes et villages, ce rituel est aussi effectué collectivement sur une place ou bien là où se dresse une horloge, afin d’avaler ensemble ces 12 grains de raisin et de partager les derniers moments de l’année. Ce sont les vignerons d’Alicante (sud-est de l’Espagne) qui ont initiée cette tradition en 1909 afin de remédier au surplus de production de raisins cette année-là.

Tout de suite après, il faut trinquer, en faisant « carillonner » les verres trois fois, et en récitant la formule que les espagnols prononcent quand ils trinquent : “arriba, abajo, al centro y pa’ dentro”, c’est-à-dire « en haut, en bas, au centre et à l’intérieur (de l’estomac !) ». Parfois, des anneaux d’or sont placés dans les verres, un symbole de prospérité.

En Allemagne : du plomb fondu

C’est devenu une institution en Allemagne : le soir du réveillon, les Allemands, petits et grands, se réunissent devant la télévision à 22 heures pour regarder ensemble pour la énième fois une vieille comédie anglaise en noir et blanc. Le court-métrage Diner For One, qui dure un quart d’heure, est diffusé depuis 52 ans par toutes les chaînes régionales allemandes. Le film montre une vieille femme et son maître d’hôtel à une table où ils prétendent dîner avec des amis défunts. Le majordome demande inlassablement: “La même procédure que l’année dernière, Miss Sophie?” et la femme de répondre: “La même procédure que chaque année, James !” avant de commencer à boire…

Ensuite, on lance le rituel divinatoire du « Bleigiessen« . Il s’agit de verser du plomb fondu dans un saladier d’eau froide et d’interpréter dans la forme de la pépite obtenue, les événements heureux ou malheureux de l’année qui commence. Ces traditions du Nouvel An sont très populaires. Des kits sont même vendus sur internet.

Cette coutume a lieu aussi en Finlande, avec non pas du plomb, mais de l’étain fondu. Si l’étain prend la forme d’une bague ou d’un cœur, cela signifie un mariage en vue, si c’est un bateau ou un avion, alors l’année sera remplie de voyages.

En Russie : un plat royal !

Une tradition règne en maître en Russie lors du passage à la nouvelle Année : celle de la « coupe à vœu » : Dès que les douze coups de minuit retentissent, les Russes écrivent un vœu sur un bout de papier, le brûle et jettent les cendres dans leur verre de champagne qu’ils boivent ensuite d’un trait, surtout avant 12h01, afin de voir le souhait se réaliser durant l’année à venir.

Le repas de la Saint-Sylvestre se fête en famille et/ou entre amis intimes autour d’une table garnie de plats typiques et de boissons festives. A Saint-Pétersbourg, on déguste le « rôti Impératrice », tradition qui remonte à l’époque de Catherine II, et qui se compose d’une alouette farcie avec des olives aux anchois, elle -même glissée dans une perdrix, elle-même insérée dans un faisan lui-même glissé dans un porcelet.

Les Russes ont également d’autres coutumes parmi elles, celle de porter des vêtements neufs, de régler leurs dettes avant de fêter le réveillon ou encore de jeter de la vaisselle cassée pour que l’année soit joyeuse et fortunée.

En Islande: une nuit de feux d’artifice

Le début du réveillon de nouvelle année en Islande se passe de manière très classique : en famille vers 18h, autour d’un bon repas. Puis à 22h30, c’est l’heure d’allumer la télévision ! En effet, il est coutume tous les ans de regarder la célèbre émission « Áramótaskaupið” (« la comédie du Nouvel An »), retransmise chaque année sans interruption depuis 1966 et qui offre un passage en revue satirique des évènements de l’année.

Puis lorsque l’horloge sonne minuit, les Islandais s’habillent chaudement et s’enveloppent de grosses couvertures, car ils vont passer la soirée dehors : La tradition est de sortir pour lancer des feux d’artifices, et ce, pendant plusieurs heures. 500 tonnes de feux explosent, recouvrant le ciel d’une féerie de lumières et de couleurs. Un spectacle magique.

Au Pays-Bas: un bain de mer revigorant

Chaque année au 1er janvier, des milliers de Hollandais se rendent à Scheveningen, la principale station balnéaire des Pays-Bas, pour se baigner dans la mer ou dans les lacs gelés. Après ce bain glacial, ils se retrouvent en famille pour boire une boisson chaude et manger du poisson.

Le record établi est de 35 000 personnes s’élançant des les eaux glacées le 1er janvier 2014.

Au Brésil : tous à la plage

Au Brésil, pour le Réveillon, tout le monde s’habille en blanc, symbole de paix et d’harmonie, dans l’espoir de vivre une année de chance. Le long de la côte, dans les petits villages de pêcheurs, mais aussi dans les grandes villes du littoral, pendant les jours qui précèdent le 31 décembre et la nuit même du Nouvel An, on offre des cadeaux à Yemanjà, la déesse de la mer de tradition afro-brésilienne. Les offrandes – fleurs, bijoux, miroirs, parfum, bonbons – sont jetées dans l’eau ou déposées dans des paniers d’osier le long de la plage. Selon la tradition, si les paniers sont ramenés sur la rive, c’est que la déesse a refusé l’offrande.

Sur la rive, on peut voir des groupes de brésiliens qui sautent par-dessus les vagues tout en faisant un vœu. S’ils arrivent à réaliser cette prouesse sportive, leurs vœux seront exaucés au cours de l’année à venir. Ces coutumes particulières trouvent leurs racines dans les anciennes traditions d’origine africaine, importées par les esclaves arrivés au Brésil avec les colonisateurs portugais au XVIe siècle.

En Équateur : des marionnettes en papier

En Équateur, la tradition du Nouvel An est de faire brûler des marionnettes en papier mâché ou en carton, à tailles humaines, que l’on habille avec de vieux vêtements. Ces figurines sont censées représenter quelque chose de l’année qui s’achève et qu’on voudrait laisser derrière soi, ou une personne que l’on n’apprécie pas et qu’on voudrait ne plus voir. Elles sont parfois à l’effigie de célébrités de la politique nationale ou mondiale.

Autour des feux qui rassemblent, les photos exprimant les moments difficiles sont aussi brûlées. Cette symbolique permet aux Equatoriens de laisser les évènements passés et négatifs derrière eux. L’objectif de ce rituel étant de démarrer l’année d’un bon pied.

Au Pérou : un festival de couleurs

Au Pérou, le jour de l’An devient un ring de boxe : la tradition permet à chacun d’enfiler des gants de boxe pour régler ses différends (en réel) avec ses voisins avant la venue de la nouvelle année. Mais la tradition veut aussi que le soir du réveillon, chacun porte un sous-vêtement dont la couleur symbolise ce qu’il souhaite pour l’année à venir : le rouge pour l’amour, le jaune pour l’argent, etc. Et si l’on a plusieurs vœux, on les porte les uns sur les autres.

Dans la ville de Cuzco plus particulièrement (comme dans d’autres pays en Amérique du Sud) on sort également avec une valise remplie de faux billets et de miniatures de maisons, voitures, pour forcer le destin à exaucer nos voeux. Si l’on souhaite voyager dans l’année, on doit faire le tour du quartier avec sa valise vide. Enfin, chaque maisonnée fabrique un épouvantail vêtu de vieux vêtements des membres de la famille, qui représente l’année qui se termine. À minuit, chaque famille met le feu à son mannequin avant d’assister aux feux d’artifice et de jeter des pétards dans la rue.

A Cuba : de l’eau par les fenêtres

Les 1er et 2 janvier sont les jours fériés les plus importants à Cuba. Ils commémorent respectivement le triomphe de la révolution et le jour de la victoire. L’origine de cette célébration remonte à 1959, lorsque Fidel Castro est entré à La Havane avec ses troupes, parvenant à renverser le gouvernement du dictateur Fulgencio Batista.

Le soir du Réveillon du Nouvel An, pour se débarrasser des mauvaises choses de l’année écoulée, les habitants de Freedom Island renversent des bassines ou seaux d’eau par la porte d’entrée principale ou même par la fenêtre à minuit. Symbole de purification, cette eau est censée emporter avec elle les tourments et mésaventures. Et placer la nouvelle année sous le signe de la sérénité et du bonheur retrouvés.

Les résidents de la Havane célèbrent quant à eux le nouvel an autour des tables généreusement dressées. Au menu, une brochette de porc aux haricots noirs, bananes frites, mangues le tout bien arrosé de rhum local. À l’approche de la nuit le goût du rhum, du mojito et du daikiri s’intensifient et les rues se remplissent de personnes qui se rencontrent et dansent au rythme de la musique.

En Nouvelle-Zélande: un boucan d’enfer

En dehors des petites îles du Pacifique Sud, c’est la Nouvelle-Zélande qui fête en premier la nouvelle année dans le monde. Quelques dizaines d’heures avant nous, aux douze coups de minuit, la tradition invite les Néo-Zélandais à sortir leur plus belles casseroles et autres utstensikes de cuisine et à les frapper sans retenue pour un concert aux allures de tintamarre général. Ce tintamarre général, généralement suivi d’un feu d’artifice, permet aux Néo-Zélandais d’exprimer leur joie et leur espoir dans la nouvelle année.

En Afrique du Sud: bon débarras

Voilà une tradition tout aussi surprenante que dangereuse. Le 1er janvier, les habitants du quartier de Hillbrow à Johannesburg ont pour habitude de se débarrasser de leur mobilier et leurs appareils électriques usés en les lançant par la fenêtre. Réfrigérateurs, lits, télévisions, fours, ordinateurs…Tout y passe. Il est donc plus prudent de ne pas se promener dans les rues de ce quartier ce jour-là.

Les Sud-Africains célèbrent le nouvel an le 31 décembre à minuit mais fêtent surtout le 2 janvier en hommage aux esclaves noirs qui ne pouvaient participer aux festivités réservées aux blancs pendant l’Apartheid. Cet évènement, appelé aussi « Coon Carnival » (carnaval noir) est rythmé par des fêtes de rues et des parades en musique, dans des costumes extravagants et colorés et le visage très maquillé.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s