Les redoutables plantes carnivores


Les plantes carnivores fascinent. 700 espèces sont aujourd’hui connues et les botanistes en découvrent régulièrement de nouvelles. Elles se rencontrent sur tous les continents et sous toutes les latitudes. Elles poussent en général sur des sols pauvres en nutriments, notamment des tourbières et des marais acides. D’autres sont des plantes épiphytes, qui poussent accrochées sur un arbre. Elles sont donc obligées de trouver dans leur alimentation les substances indispensables à leur survie.

Pour attirer et s’emparer de leurs proies, ces fascinantes plantes déploient de redoutables stratagèmes. La plupart attirent les insectes par des couleurs chatoyantes et des odeurs de nectars irrésistibles. Elles leur tendent ensuite des pièges machiavéliques, qui leur laissent peu de chances d’en réchapper : les « pièges actifs », comme ceux des dionées, dans lesquels un mouvement brusque vient enfermer l’animal. Et les « pièges passifs » comme les gouttelettes collantes qui engluent l’animal.

Toutes ces plantes digèrent leurs proies en produisant des enzymes qui dégradent les chairs et les cuticules, ou avec l’aide de bactéries qui profitent elles aussi du festin. Dans la plupart des cas, les proies sont des insectes mais certaines d’entre elles peuvent également capturer des vers, de minuscules crustacés ou de petites limaces. La Nepenthes attenboroughii, découverte il y a quelques années aux Philippines et considérée comme la plus grande plante carnivore du monde (jusqu’à 120 cm de haut), est même capable de piéger et digérer des rongeurs comme les rats…

Voici un tour d’horizon de ces plantes si étranges.

La dionée ou « attrape-mouche »

Avec leur aspect féroce et leur spectaculaire piège à mâchoires, les Dionées ou « attrape-mouches » sont sans doute les plantes carnivores les plus popularisées. Originaires des marais de Caroline du Nord et de Caroline du Sud, aux États-Unis, elles sont relativement faciles à cultiver. Qualifiée de « plante la plus merveilleuse du monde » par Darwin, la Dionée est une plante généralement prostrée, poussant en rosette d’environ 15cm de diamétre.

la Dionée est l’une des rares plantes à posséder un piège actif, c’est à dire capable de produire un mouvement de capture très rapide (1/30eme de seconde). Sous ses dents des poils sensibles au contact déclenchent le piège. Pour ne pas se refermer par erreur, sur une feuille morte par exemple, la plante se replie après deux contacts espacés de moins de vingt secondes. Elle sécrète ensuite un mucilage qui fera office de joint d’étanchéité. La poche se remplit d’un liquide acide et se rouvre deux semaines plus tard, après digestion.

Le Népenthes

Plantes épiphytes vivant accrochées aux branches des arbres dans les forêts tropicales humides d’Asie du Sud-Est, les Népenthès sont également très connus du grand public, avec leurs urnes pendantes qui piègent les insectes. Spectaculaires, ces espèces comptent parmi les plus grandes plantes carnivores du monde avec leurs urnes géantes pouvant atteindre 50 cm dans leur milieu naturel.

Ses principales proies sont les insectes volants, les fourmis. Mais des rats et des oiseaux ont déjà été découverts à l’intérieur de Nepenthes.

La structure de cette liane est étonnante. A chaque extrémité des feuilles se trouvent des urnes, en forme de vases, qui contiennent le liquide digestif qui permettra à la plante de digérer ses proies. Celles-ci sont attirées d’abord par un nectar sucré sur la partie supérieure du piège. Le haut de l’urne étant glissant, la proie piégée finit par glisser au fond de la poche.

Les Pinguiculas ou grassettes

Les Pinguiculas, ou grassettes, sont des plantes à glu, dont le genre compte une centaine de variétés. Elles vivent à l’état naturel soit dans les régions subtropicales, soit dans les régions tempérées, y compris en France. Elles peuvent pousser jusqu’à des altitudes de 3000m.

Leurs feuilles en rosette sont couvertes de poils collants où viennent s’engluer les insectes, attirés par le parfum sucré des feuilles. Les plus petites variétés mesurent 2 ou 3 cm de diamètre, tandis que les plus grandes peuvent atteindre plus de 20cm. Faciles à cultiver, les grassettes sont recherchées pour leurs fleurs aux couleurs superbes.

L’Heliamphora

Genre appartenant à la famille des Sarraceniacea, l’Heliamphora est originaire des hauts plateaux d’Amérique centrale, à des altitudes comprises entre 600 et 3000m.

Grâce à une coloration assez vive sur le haut du piège et à sa cuillère à nectar, l’Heliamphora attire ses proies (en général des insectes volants comme des mouches et des moucherons) de manière olfactive et visuelle. A l’instar des Sarracenia, le nectar va étourdir l’insecte qui finit par tomber dans l’urne et s’y noyer. Ne possédant pas de glandes digestives, la digestion se fera par des larves et des bactéries présentent dans l’eau du piège.

La Sarracénia

Originaire d’Amérique du Nord, le Sarracenia est une plante carnivore à piège passif, avec des feuilles en forme de grands cornets colorés appelés « ascidies », servant à piéger les insectes. Plante vivace, à rhizome, on le trouve uniquement dans les tourbières. Qu’ils soient prostrés, arrondis ou élancés, leurs formes sont étonnantes et très graphiques. Les plus grands Sarracenias peuvent dépasser 1 mètre.

Judicieusement placés, les poils de la plante guident les insectes vers leur funeste destin. Engourdie par un narcotique, la conine, ils lâchent prise et glissent au fond de l’urne de la plante, où d’autres soies dirigées vers le bas les empêcheront de remonter. L’insecte épuisé finit dans une zone glandulaire, dans le bas de la feuille, où les enzymes digestives décomposent ses parties molles et permettent son absorption par la plante. Ses principales proies sont des insectes volants comme les mouches, syrphes, guêpes, frelons, etc…

Le Droséra

Le Drosera tire son nom du grec droseros qui signifie « recouvert de rosée », en référence aux nombreuses gouttelettes perlant sur les poils de la plante. Plante carnivore « à glu », le Drosera est une plante pouvant faire à peine 1 ou 2 centimètres, à plus de 30cm, en fonction des espèces.

Le Drosera colle les insectes qui s’approchent un peu trop près de ses feuilles. Une fois celui ci englué, la plante produit un mouvement très lent (sur plus de 24h) afin d’enrouler sa feuille autour de sa proie. Elle met ainsi en contact sur l’insecte un maximum de glandes digestives, ce qui lui permet de digérer de nombreuses proies, du moucheron à la mouche, en passant par le moustique voire la petite guêpe.

Il existe de très nombreuses variétés de Droseras, principalement originaires de l’hémisphère sud, bien que certaines vivent en Amérique du Nord et en Europe, y compris en France. Du cercle polaire au Cap Horn, des tourbières humides européennes, au landes sableuses d’Australie, ce genre compte plus de 170 espèces.

Les Utriculaires (Utricularia)

Présent sur tous les continents, l’Utriculaire est le genre de plantes carnivores qui possède le plus grand nombre de variétés. On en compte actuellement environ 200 espèces à travers le monde. Le plus souvent terrestres, ils peuvent être également aquatiques ou semi-aquatiques.

Ce prédateur se distingue par des pièges en forme de sacs aspirants, les utricules, qui sont immergés, enterrés et de très petite taille. Son piège est actif, c’est à dire qu’un mouvement rapide a lieu pour la capture des proies. Lorsque l’utricule attend une proie, il se vide d’eau, et se ferme. Dès que la proie passe devant et touche un poil sensitif, l’utricule s’ouvre, créant une aspiration qui l’attire à l’intérieur, puis se referme rapidement. C’est le mouvement le plus rapide du monde végétal, et l’un des pièges les plus complexes parmi les plantes carnivores.

Les proies sont en général des micro organismes comme le zooplancton. La plante produit généralement de grandes quantités de fleurs, diversement colorées et souvent très jolies.

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