Pourquoi le coq est-il l’emblème de la France ?


Même s’il n’a jamais été désigné comme emblème officiel, le coq est pourtant aujourd’hui l’un des symboles français les populaires et reconnus à travers le monde. On le retrouve sur les maillots de foot et de rugby des équipes de France, sur le pont Alexandre III, sur une grille dans les jardins de l’Élysée ou encore sur de nombreux monuments aux morts. Il trônait également tout en haut de la flèche de Notre-Dame. Une telle place peut nous faire nous demander pourquoi le coq est l’emblème de la France…

Ce sont d’abord les romains qui attribuèrent le coq aux Gaulois pour se moquer d’eux. La moquerie est facile, dans la mesure où en latin, « gallus » signifie à la fois le coq et La Gaule. Les Romains considèrent à l’époque les Gaulois comme des oiseaux bruyants et vantards, à l’image du volatile. De fait, l’animal apparaît sur certaines pièces de monnaie lors de la période gallo-romaine suivant la conquête du pays par Rome.

Le coq comme symbole de fierté n’est vraiment reconnu en France qu’au Moyen Âge. C’est le pape Léon IV qui décide de le placer en haut des clochers, car le coq, selon les Évangiles, annoncerait le jour nouveau et veillerait à ce que le diable n’approche pas. Son chant chaque matin annonce le triomphe de la lumière sur les ténèbres et du bien sur le mal. Il devient ainsi l’un des symboles de l’église chrétienne et son image est redorée.

Coq sur un clocher d’église

A la Renaissance, les rois de France commencent à le prendre en modèle. Il représente alors la fierté française, l’audace et l’esprit combatif de ses habitants, et est perçu de l’étranger comme l’alter ego des Français. Il commence à figurer sur les emblèmes officiels des rois issus des Maisons de Valois et de Bourbon. Louis XIV le fait sculpter sur les colonnes des châteaux du Louvre et de Versailles. Les monnaies sont gravées d’un coq royal au revers.

En 1789, lorsque le peuple français se soulève à la Révolution, l’animal s’impose définitivement. Les révolutionnaires se l’approprient et en font le symbole du peuple en colère et de la renaissance du pays. Il remplace le lys dynastique et prend place sur le grand sceau de la Première République. La loi du 9 avril 1791 stipule que l’animal devra être présent sur toutes les pièces. Il est souvent représenté coiffé d’un bonnet phrygien, symbole de la liberté et de la citoyenneté.

Pièce de 1792

Pendant la « Terreur » à partir de 1792, période de grandes dénonciations, le coq adosse un nouveau rôle en devenant un symbole de surveillance, son champ étant considéré comme l’allégorie de l’alerte. Il est ainsi représenté comme « lanceur d’alerte » dans les fêtes républicaines, dans la presse et sur les affiches.

Le coq est à nouveau mis au second plan lors du Premier empire, Napoléon Ier lui préférant l’aigle impérial car selon lui « le coq n’a point de force, il ne peut être l’image d’un empire tel que la France« . Cela ne dure pas longtemps, et il fait son retour en force lors de la monarchie de Juillet (1830-1848). Le roi Louis-Philippe signe une ordonnance imposant de faire figurer l’animal sur les drapeaux et les boutons d’uniformes de la garde nationale. Il apparaît également sur les principaux monuments officiels qui sont construits. Symbole de vigilance et de courage, il est opposé à la brutalité de l’aigle Prussien pendant la guerre de 1870.

Il vit ensuite son heure de gloire pendant les deux guerres mondiales, symbolisant la force de l’unité du peuple français, illustrée fièrement sur les innombrables affiches et autres objets de propagande qui soutiennent le moral des combattants français. A la fin des conflits, il orne de nombreux monuments aux morts.

Une affiche de propagande pendant la première guerre mondiale

Au cours des IIIe, IVe et Ve Républiques, le coq orne occasionnellement les timbres, les pièces de monnaie en francs. La dernière en date est la pièce de 10 francs de Joaquin Jimenez frappée en 1986, portant un coq sur sa face envers. Créé par un décret du 22 novembre 1951, l’insigne officiel des maires aux couleurs nationales comporte désormais l’animal : « Sur un fond d’émail bleu, blanc et rouge; entouré de deux rameaux de sinople, d’olivier à dextre et de chêne à senestre, le tout brochant sur un faisceau de licteur d’argent sommé d’une tête de coq d’or barbée et crêtée de gueules« . 

Ainsi, de nos jours, même si la république française lui préfère la Marianne en tant que symbole de la nation, le coq reste l’un des symboles incontestables de la France et de son esprit uni et combatif.

La Grille du Coq du Palais de l’Élysée

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